Pesticides: il était une fois en Wallonie... Une enquête de Tchak à découvrir dans le numéro 2, en vente dès le 6 juillet.

Programme wallon de réduction des pesticides : l’échec annoncé

En Belgique, les ventes de pesticides varient légèrement chaque année mais n’ont plus diminué depuis 2010, ressort-il d’une enquête à paraître lundi 6 juillet dans le deuxième numéro de Tchak! – La revue paysanne et citoyenne qui tranche. 

Ceci est le communiqué envoyé par Tchak! à l’agence Belga le vendredi 3 juillet.

La Belgique reste aussi parmi les plus gros consommateurs européens de produits phytopharmaceutiques : 4,9 kilos de substances actives en moyenne par hectare de surface agricole en 2017, contre 2,5 en France, d’après les calculs du Bureau fédéral du plan. Pourtant, des plans de réduction ont été adoptés à tous les niveaux de pouvoir.

L’enquête de Tchak! s’est penchée particulièrement sur le Programme wallon de réduction des pesticides. Tout porte à croire que son volet agricole sera un échec, affirme le magazine trimestriel, qui a récolté les témoignages de dizaines d’acteurs mobilisés par sa mise en oeuvre. Les moyens humains font largement défaut pour assurer le suivi. Au sein de l’administration, on attend depuis 2012 l’engagement de deux personnes. 

Quatre organismes ont également été choisis pour épauler les fonctionnaires. Mais Adalia 2.0 cible les particuliers et les gestionnaires publics plutôt que les agriculteurs ; et les trois autres – Corder, Protect’eau et PreventAgri – aident les agriculteurs à bien gérer les pesticides plutôt qu’à s’en passer. Elles n’offrent pas d’accompagnement individualisé sur le terrain. Toutes ces ASBL sont débordées. Les phytolicences, une sorte de permis renouvelable par le suivi de formations, sont désormais obligatoires pour tout vendeur, conseiller ou utilisateur de produits phytopharmaceutiques à usage professionnel. Mais elles ne remplissent pas leurs objectifs, montre encore l’enquête de Tchak!

« Les phytolicences, c’est du pipeau ! Il s’agit simplement d’accumuler des points. Et n’importe quelle sauterie organisée par le milieu agricole – pour peu qu’on y mette deux fois le mot “phyto” – permet de gagner des points », a carrément témoigné un ex-membre d’une ASBL subventionnée. Au final, les agriculteurs apparaissent comme les grands perdants : ils subissent de plus en plus de contrôles d’ordre administratif mais sont livrés à eux-mêmes dès qu’ils souhaitent réduire leur usage de pesticides. Ils sont alors d’autant plus à la merci des distributeurs de produits phytopharmaceutiques, dont une centaine de technico-commerciaux sillonnent les champs wallons pour offrir des conseils de terrain. 

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