Cacophonie douanière, risque de guerre, crise climatique, blocages politiques et sociétaux… Panique à bord, le monde s’effondre. Le pire ? Non, ce n’est même pas l’Arizona et son virage à droite. C’est cette histoire de kit de survie abondamment relayée par la presse de toute l’Europe ces derniers temps ; cette tentative de faire croire qu’en se planquant avec une lampe torche, deux rouleaux de PQ et trois boites de conserve, chacun·e va sauver sa peau.
Humeur | Yves Raisiere, journaliste
On le sait pourtant depuis la Covid, la crise énergétique et le blocage du canal de Suez, et on le voit encore aujourd’hui avec les tensions internationales : la vraie survie ne se prépare pas via des achats compulsifs en grande surface. Pareil conseil tient de la bombe à retardement, tant notre système alimentaire est ultra-dépendant du circuit long. Celui de l’industrie agroalimentaire, de ses intermédiaires, de ses produits ultratransformés, de ses entrepôts géants, de flottes de bateaux et de camions.
Quant à l’idée même d’un kit, elle repose sur une logique de repli sur soi : se cacher, faire des provisions et attendre que le monde redémarre. Le problème, c’est qu’une réserve, ça s’épuise. Une réalité qui fait de vous et de chacune de vos voisines et de vos voisins un·e adversaire prêt·e à tout pour survivre.
Seul réconfort : toute cette histoire trahit un paradoxe assez jubilatoire. Dire aux gens de ne rien faire en attendant d’éventuels secours, n’est-ce pas les maintenir en situation de dépendance ? Plutôt cocasse, alors que les différents partis au pouvoir n’arrêtent pas de traquer toute forme d’assistanat !

Que faire alors ? Chez Tchak, on vous propose un vrai kit d’espoir et d’émancipation. Pas de pseudo-cassoulet en boîte dans celui-ci, pas de recours aux multinationales. Plutôt de la farine locale, des légumineuses, des semences reproductibles, celles qui ne meurent pas après un round. Oubliez la lampe torche : une bêche, une houe et un râteau sont plus utiles pour cultiver (au pire, vous pourrez même vous en servir pour taper sur votre voisin·e 😜).
Et puis, surtout, dites-vous bien que se terrer, c’est un plan foireux. C’est la vieille école, la promesse de famines. Alors qu’un territoire qui se nourrit par lui-même ne craint pas les ruptures de stock.
Bref, testez l’union plutôt que le bunker. Rejoignez les coopératives alimentaires, poussez les portes des magasins dans les fermes, des épiceries de quartier et des groupes d’achats solidaires de l’agriculture paysanne. Le circuit court, c’est un accès direct à des aliments frais et variés, du lien social, une solidarité avec les régions et les pays voisins, une invitation à s’ouvrir aux autres.
Une crise ne se gère pas en accumulant de la junk food, mais en construisant un système robuste, qui tient debout. Et dans un système qui tient debout, la paix a de meilleures chances d’arriver à l’heure.














