J’ai été trop mise sous pression pour allaiter

J’ai été trop mise sous pression pour allaiter

Mon témoignage est peut-être hors propos mais, dans mon cas, je trouve que j’ai été trop mise sous pression pour allaiter, et quand cela n’a pas été possible pour des raisons médicales, l’impact psychologique a été très rude, je me suis acharnée et cela a fini par 6 semaines de mastite, un abcès de 5 cm et de nombreux rendez-vous vous à la clinique du sein. La spécialiste me disait qu’elle ne voyait que ça : des mères en pleurs avec des mastites. La maladie (fièvre, fatigue) liée à l’acharnement de mes seins ne m’a pas permis de profiter pleinement de mon bébé.

Je plaide depuis pour changer le nom de “hôpital ami des bébés” vers quelque chose comme “allaiter est meilleur pour votre bébé”. Car ce n’est pas parce qu’on donne des biberons qu’on n’est pas “ami des bébés”. Par contre, c’est un fait certain que c’est meilleur d’allaiter, le label des hôpitaux est pour moi vraiment mal formulé et le fédéral devrait changer ce titre.

Je pense que la raison de l’échec de l’allaitement doit aujourd’hui plus être recherchée dans la façon dont on traite les femmes. La société pousse à se mettre en couple, faire des enfants. On travaille à temps plein, si on accouche trop tôt, on accouche après une journée de 8h, on est déjà épuisée avant d’accueillir son enfant. La société ne permet pas de faire le chemin vers la parentalité de manière sereine, on ne sait pas si on aura une place crèche et si on arrivera à payer son loyer/emprunt si on ne trouve pas de place. On doit reprendre le travail après 3 mois. Les accouchements sont ultra médicalisés et il n’y a pas de place pour l’aspect naturel/psychologique.

Je plaide pour l’allaitement mais les entreprises pharmaceutiques fournissent une solution. Espérons qu’ils continuent à améliorer leurs formules pour que les femmes qui n’ont pas le choix puissent se sentir en confiance avec leur produit, car personne ne met de la poudre dans la bouche de son nouveau-né de gaieté de cœur, c’est un stress de se dire qu’on ne comble pas ses besoins sans parler du risque des antibiotiques/pesticides etc dans le lait. Je pense qu’il faut plutôt se focaliser sur un meilleur bien-être de la femme au sein de la société pour qu’elle puisse mieux endosser le rôle de mère, ce qui mènera à plus d’allaitement. Le vrai enjeu se trouve là selon moi.