Maman d’un bébé de presque un an, je l’allaite depuis sa naissance.
Concernant l’allaitement ou le lait infantile, quelles sources d’information vous ont le plus influencé·e ?
Je savais que je voulais allaiter car je vois vraiment le lait en poudre comme un dispositif médical, depuis tous les scandales Nestlé. Je me suis donc renseignée en lisant un livre conseillé (le manuel très illustré de l’allaitement). J’ai participé à une consultation sur l’allaitement à l’hôpital qui m’a presque fait changer d’avis car la sage-femme ne pointait que le côté difficulté – charge mentale – douleurs de l’allaitement. C’est sur les réseaux sociaux que j’ai le plus appris (compte Tiktok et Instagram de plusieurs conseillères en lactation ou mamans allaitantes) et sur le site de La Leche League. J’y ai appris que mon lait était le plus adapté à mon bébé, que l’OMS recommande un allaitement exclusif jusque 6 mois, que le sevrage naturel vient entre 2 et 7 ans et j’ai aussi compris l’importance de la tétée d’accueil à la naissance. Grande consommatrice des réseaux sociaux, je sais qu’ils sont souvent critiqués pour de nombreuses raisons. Pourtant, sans toutes ces informations et sans voir d’autres mamans allaiter en public, poursuivre un allaitement “non écourté” ou encore tirer leur lait, j’aurais certainement arrêté dès la fin de mon congé maternité voir avant. Le lait en poudre est quand même décrit par beaucoup comme plus simple, plus pratique, plus « adapté » (dans le sens qu’on peut choisir un lait anti-reflux, un lait pour APLV etc). Il y a encore aussi l’image du bébé allaité qui ne fait pas ses nuits.
Votre pédiatre a-t-il joué un rôle dans votre décision d’allaiter ou de donner du lait infantile à votre bébé ? Si oui, lequel ?
Non, car j’avais déjà décidé d’allaiter avant le premier rendez-vous pédiatre. Cependant, lors du rdv des 3 mois, la pédiatre m’a dit de sevrer la nuit. Elle a avancé l’argument que ce n’était pas bon pour son sommeil de se réveiller et qu’il allait associer sommeil et manger. J’ai essayé de le sevrer la nuit, avant d’apprendre que le sevrage nocturne est déconseillé avant un an car ça induit une baisse de lactation importante. Elle m’a aussi donné des échantillons de lait en poudre et m’a conseillé de commencer à remplacer une tétée par un biberon avant la reprise du travail (ce que je n’ai pas fait). Au rendez-vous suivant, il avait cassé sa courbe et elle m’a dit que c’était dû au sevrage nocturne… J’ai galéré à relancer ma production par après.
Pour la diversification alimentaire, elle nous a donné tout un document à suivre qui impliquait que mon fils aurait un biberon de 250 ml le matin, une purée le midi, une panade à 16h et de nouveau un gros biberon le soir. Ce document n’est pas du tout adapté à un bébé allaité puisqu’il est impossible de prendre 250 ml d’un coup au sein et qu’un bébé allaité prend exactement ce dont il a besoin en plusieurs prises tout au long de la journée. Ça a été super compliqué d’adapter car comme il tète à la demande, il mange aussi ses purées à la demande et sans rythme. On a beaucoup douté à ce moment-là, on se disait, ce serait plus simple de suivre les recommandations exactes pour être sûr qu’il a ce qu’il faut.
Avez-vous déjà reçu des messages valorisant le lait infantile (par exemple, sur le sommeil ou le comportement du bébé) ? Si oui, comment les avez-vous perçus ?
Oui, depuis le début et encore aujourd’hui, on me fait souvent comprendre — parfois implicitement, parfois très clairement — que mon lait ne serait pas assez nourrissant et que, si je donnais un biberon, mon bébé ferait enfin ses nuits. On me dit aussi que c’est compliqué de le garder parce qu’il n’a pas un rythme “comme les bébés au biberon”. J’ai même entendu qu’il était “un tyran” parce que je l’allaite à la demande, ou que je le “gâtais” en répondant à ses besoins. On m’a aussi dit qu’après un certain âge, c’était bizarre.
Au début, ces remarques ont été très difficiles à vivre et j’ai beaucoup douté de mes choix. Mais comme j’étais bien informée et que je tenais vraiment à poursuivre mon allaitement, j’ai réussi à prendre du recul et à ne pas me laisser décourager.
Avez-vous reçu des échantillons ou des boîtes de lait infantile dans un contexte médical, avant ou après la naissance de votre bébé ?
Oui, lors du rendez-vous pédiatre des 3 mois, j’ai reçu des échantillons de lait car je ne souhaitais pas tirer mon lait (par manque de connaissance sur le sujet) et donc je pensais devoir arrêter mon allaitement à la reprise du travail.
Avez-vous vu passer des publicités ou des vidéos d’influenceur·ses parlant d’allaitement ou de lait infantile ?
Concernant l’allaitement oui, car je suis beaucoup d’influenceuses qui allaitent ou des conseillères en lactation. Notamment, des publicités pour des tire-laits nomades ou des snacks/compléments pour l’allaitement.
Concernant le lait infantile, j’ai vu des posts sponsorisés pour le lait deuxième âge dès que mon fils a eu 6 mois. Avant ça, je n’en avais pas vu. Récemment, je vois énormément de pub Nestlé pour d’autres produits pour bébé, car comme ils ne peuvent pas faire la promotion directement du lait premier âge, ils passent par d’autres produits.
Je pense que le gros problème vient du fait que les pédiatres, sage-femmes, puéricultrices ne sont pas formés à l’allaitement. C’est plus « simple » de conseiller un lait infantile et 4 biberons par jour que de s’adapter au fonctionnement « à la demande » de l’allaitement.

















































