{"id":13522,"date":"2023-03-20T14:35:33","date_gmt":"2023-03-20T13:35:33","guid":{"rendered":"https:\/\/tchak.be\/?p=13522"},"modified":"2025-04-25T11:39:37","modified_gmt":"2025-04-25T09:39:37","slug":"certificateurs-bio-certisys-inscert-quality-partner-foodchain-nord-tuv-integra-comite-lait","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tchak.be\/index.php\/2023\/03\/20\/certificateurs-bio-certisys-inscert-quality-partner-foodchain-nord-tuv-integra-comite-lait\/","title":{"rendered":"Certisys et certification bio : \u00ab Une machine \u00e0 fric \u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, Olivier, artisan bio. De l\u2019autre, Franck Brasseur, patron de Certisys.&nbsp;Au milieu, les plantureux b\u00e9n\u00e9fices du num\u00e9ro&nbsp;1 de la certification bio. Un march\u00e9 qui rapporte gros, en t\u00e9moigne aussi la sant\u00e9 financi\u00e8re des autres op\u00e9rateurs de contr\u00f4le. Sur le terrain, la r\u00e9volte gronde. Marre de jouer les cochons payeurs alors que les petits acteurs du bio trinquent. Et vent d\u2019espoir.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Yves Raisiere, journaliste | <a href=\"mailto:yrai@tchak.be\">yrai@tchak.be<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u2009<em>Oui, je suis en col\u00e8re<\/em><em>\u2009<\/em><em>! J\u2019ai vraiment un sentiment d\u2019injustice, celui de devoir payer pour prouver que je fais bien mon travail, pour montrer \u00e0 mes clients que je lave plus blanc que blanc. De qui se moque-t-on<\/em><em>\u2009<\/em><em>?<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Olivier (pr\u00e9nom d&#8217;emprunt), artisan-boulanger en r\u00e9gion li\u00e9geoise, nous re\u00e7oit dans son arri\u00e8re-boutique, une pi\u00e8ce aussi serr\u00e9e que sa gorge. Ras-le-bol de la certification bio et des milliers d\u2019euros \u00e0 l\u00e2cher chaque ann\u00e9e pour obtenir le droit d\u2019afficher un label. M\u00eame la p\u00e9nombre ne suffit pas \u00e0 cacher son exasp\u00e9ration. Soupir, puis une frappe au lance-pierre&nbsp;: \u00ab<em>L\u2019op\u00e9rateur qui nous contr\u00f4le est devenu une pompe \u00e0 fric\u2009<\/em>\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La cible\u2009? Certisys, le plus important des quatre certificateurs bio agr\u00e9\u00e9s en R\u00e9gion wallonne. Un pionnier qui, depuis sa cr\u00e9ation en 1991, a \u00e9tendu son expertise \u00e0 des fili\u00e8res autres que l\u2019alimentaire&nbsp;: cosm\u00e9tiques, d\u00e9tergents, intrants, tant sur le Benelux qu\u2019\u00e0 l\u2019international. C\u2019est dire si l\u2019attaque n\u2019effraie pas Franck Brasseur, son directeur g\u00e9n\u00e9ral. \u00ab<em>\u2009Ce n\u2019est pas nous qui d\u00e9terminons les prix de la certification,&nbsp;<\/em>rel\u00e8ve-t-il calmement.<em>&nbsp;C\u2019est un arr\u00eat\u00e9 du gouvernement wallon qui en fixe les montants minimaux et maximaux. Tous les \u00e9l\u00e9ments tarifaires sont dedans.\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Olivier contre Certisys, ou l\u2019\u00e9ternelle histoire de David contre Goliath\u2009? Il y a un peu de \u00e7a. Pas de pellicule de farine dans les locaux du si\u00e8ge social du certificateur, \u00e0 Bolinne, pr\u00e8s d\u2019\u00c9ghez\u00e9e, pas de parfum de levain\u2009; plut\u00f4t des rapports d\u2019audit, des cahiers des charges et une odeur de rigueur. Pourtant, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 comme de l\u2019autre, une m\u00eame profession de foi&nbsp;: celle de bien faire le job, depuis toujours.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u2009<em>Nous avons \u00e9t\u00e9 parmi les premiers \u00e0 passer en certification bio,<\/em>&nbsp;se souvient Olivier.&nbsp;<em>On sortait de plusieurs grands scandales alimentaires, et on voulait que le client puisse \u00eatre en confiance quand il passait la porte de notre magasin.<\/em>\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab<em>\u2009<\/em><em>Nous avons \u00e9t\u00e9 les pionniers de la certification bio en Belgique, et le premier organisme \u00e0 \u00eatre accr\u00e9dit\u00e9,&nbsp;<\/em>rappelle Franck Brasseur<em>. Pour nous, la premi\u00e8re garantie pour un consommateur, c\u2019est la confiance qu\u2019il peut avoir dans l\u2019\u00e9tiquetage.<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#d9d9d9\"><strong>+++ Ce dossier est \u00e0 la une du <a href=\"https:\/\/tchak.be\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">num\u00e9ro 13 de <em>Tchak<\/em> <\/a>(printemps 2023). <\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"683\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/tchak.be\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/UNE_N13-683x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16787\" srcset=\"https:\/\/tchak.be\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/UNE_N13-683x1024.jpg 683w, https:\/\/tchak.be\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/UNE_N13-200x300.jpg 200w, https:\/\/tchak.be\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/UNE_N13-768x1152.jpg 768w, https:\/\/tchak.be\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/UNE_N13-1024x1536.jpg 1024w, https:\/\/tchak.be\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/UNE_N13-1365x2048.jpg 1365w, https:\/\/tchak.be\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/UNE_N13-370x555.jpg 370w, https:\/\/tchak.be\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/UNE_N13-270x405.jpg 270w, https:\/\/tchak.be\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/UNE_N13-570x855.jpg 570w, https:\/\/tchak.be\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/UNE_N13-740x1110.jpg 740w, https:\/\/tchak.be\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/UNE_N13-scaled.jpg 1707w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab\u2009C\u2019est ind\u00e9cent de se sucrer ainsi\u2009\u00bb<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Entre ces deux-l\u00e0, le donnant-donnant aurait pu rester \u00e9quilibr\u00e9, n\u2019eussent \u00e9t\u00e9, des ann\u00e9es plus tard, les b\u00e9n\u00e9fices nets affich\u00e9s par Certisys dans ses comptes annuels&nbsp;: 547.000&nbsp;euros en 2019, 665.000&nbsp;euros en 2020 et 658.000&nbsp;euros en 2021 (voir infographie ci-dessous). En d\u2019autres mots, du cash engrang\u00e9 apr\u00e8s d\u00e9duction des charges de personnel, des imp\u00f4ts et des taxes. Par les temps qui courent, de quoi mettre plus que du beurre dans les \u00e9pinards. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u2009<em>C\u2019est ind\u00e9cent de se sucrer ainsi sur le travail des paysans, des artisans,&nbsp;<\/em>rage Olivier, lorsqu\u2019il d\u00e9couvre ces chiffres.&nbsp;<em>Je ne peux pas accepter qu\u2019un gars en costume-cravate ait la belle vie sur mon dos, alors que je d\u00e9marre \u00e0 trois heures du matin. \u00c7a ne peut pas se passer \u00e0 sens unique\u2009!\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avions contact\u00e9 l\u2019artisan la veille. Un seul coup de fil avait suffi pour d\u00e9crocher le rendez-vous. Les jours pr\u00e9c\u00e9dents, son courroux sourdait, la rumeur le disait pr\u00eat \u00e0 monter aux barricades. Sur place, pass\u00e9 la grisaille du matin et la porte, surprise&nbsp;: un professionnel passionn\u00e9, un entrepreneur dans l\u2019\u00e2me, une boule d\u2019\u00e9nergie que rien n\u2019aurait d\u00fb atteindre. Ni le d\u00e9couragement ni l\u2019amertume. Que s\u2019\u00e9tait-il pass\u00e9\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab<em>\u2009<\/em><em>La goutte d\u2019eau, c\u2019est quand nous avons appris que notre nouveau point de vente allait \u00eatre contr\u00f4l\u00e9 alors que les pains vendus l\u00e0 sont cuits dans un atelier pour lequel nous payons d\u00e9j\u00e0 la certification,<\/em>&nbsp;s\u2019exclame Olivier.&nbsp;<em>Avec, \u00e9videmment, de nouvelles factures \u00e0 la cl\u00e9. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 dur de garder le bateau \u00e0 flots, et maintenant, on alourdit encore notre sac \u00e0 dos<\/em><em>\u2009<\/em><em>? Aujourd\u2019hui, la certification me co\u00fbte au bas mot 2.500 \u20ac par an. \u00c7a suffit<\/em><em>\u2009<\/em><em>! Si tout \u00e7a ne s\u2019arrange pas, je sortirai du syst\u00e8me.<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n<div class=\"infogram-embed\" data-id=\"1d7b91e7-6da2-4f42-8244-4f8358457ec7\" data-type=\"interactive\" data-title=\"Certificateurs bio : b\u00e9n\u00e9fices et dividendes\"><\/div>\n<p><script>!function(e,i,n,s){var t=\"InfogramEmbeds\",d=e.getElementsByTagName(\"script\")[0];if(window[t]&&window[t].initialized)window[t].process&&window[t].process();else if(!e.getElementById(n)){var o=e.createElement(\"script\");o.async=1,o.id=n,o.src=\"https:\/\/e.infogram.com\/js\/dist\/embed-loader-min.js\",d.parentNode.insertBefore(o,d)}}(document,0,\"infogram-async\");<\/script><\/p>\n<div style=\"padding:8px 0;font-family:Arial!important;font-size:13px!important;line-height:15px!important;text-align:center;border-top:1px solid #dadada;margin:0 30px\"><a href=\"https:\/\/infogram.com\/1d7b91e7-6da2-4f42-8244-4f8358457ec7\" style=\"color:#989898!important;text-decoration:none!important;\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Certificateurs bio : b\u00e9n\u00e9fices et dividendes<\/a><br \/><a href=\"https:\/\/infogram.com\" style=\"color:#989898!important;text-decoration:none!important;\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Infogram<\/a><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00ab C&#8217;est la premi\u00e8re ann\u00e9e o\u00f9 c&#8217;est difficile \u00e0 ce point\u00bb<\/h3>\n\n\n\n<p>Une grogne qui serait en train de s\u2019\u00e9tendre. Pas de statistiques, mais des \u00e9chos, surtout dans les fili\u00e8res de transformation et de vente. Ici un paysan meunier pr\u00eat \u00e0 jouer les Don Quichotte, l\u00e0-bas un abattoir sur le point de hacher menu un contr\u00f4leur, ailleurs une coop\u00e9rative \u00e0 deux doigts de sonner le tocsin&#8230; <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u2009<em>C\u2019est la premi\u00e8re ann\u00e9e o\u00f9 c\u2019est difficile \u00e0 ce point-l\u00e0,&nbsp;<\/em>observe un sp\u00e9cialiste du secteur.<em>&nbsp;Avant, m\u00eame si c\u2019\u00e9tait cher, tous les acteurs du bio \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 payer. Aujourd\u2019hui, avec la crise et la chute du pouvoir d\u2019achat, ce n\u2019est plus le cas.<\/em>\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Si le feu de paille devenait incendie, quid du plan Bio&nbsp;2030 impuls\u00e9 par la Wallonie\u2009? \u00ab<em>\u2009<\/em><em>Il est \u00e9vident que si des op\u00e9rateurs sortent de la certification bio, cela impactera directement l\u2019atteinte des objectifs de ce plan<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb<em>,<\/em>&nbsp;explique-t-on au&nbsp;Service public de Wallonie (SPW, service Agriculture, Ressources naturelles et Environnement).&nbsp;O\u00f9 l\u2019on constate par ailleurs que \u00ab\u2009<em>toutes les fili\u00e8res agricoles vivent des moments difficiles, et le secteur bio est directement touch\u00e9 par la situation du pouvoir d\u2019achat qui pousse de nombreux consommateurs \u00e0 r\u00e9duire les achats de produits de qualit\u00e9 dont le prix est sup\u00e9rieur aux produits standards<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, \u00e0 Bolinne, au si\u00e8ge de Certisys, pas besoin de canadairs. \u00ab<em>\u2009<\/em><em>Certains grognent, mais ce n\u2019est pas la majorit\u00e9,&nbsp;<\/em>relativise Franck Brasseur.<em>&nbsp;Heureusement d\u2019ailleurs, car on ne s\u2019en sortirait pas.<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb Circulez, il n\u2019y a rien \u00e0 voir\u2009? \u00ab\u2009<em>Je dis simplement que la tarification est n\u00e9goci\u00e9e entre les autorit\u00e9s, les repr\u00e9sentants du secteur et les contr\u00f4leurs,&nbsp;<\/em>observe-t-il.<em>&nbsp;Et aussi qu\u2019un \u00e9quilibre existe&nbsp;: les plus gros acteurs soutiennent davantage la certification que les petits<\/em>.&nbsp;<em>Ce m\u00e9canisme de tarification pr\u00e9vaut souvent en Europe.<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le ton est tranquille. Celui d\u2019un homme qui sait les acteurs du bio pieds et poids li\u00e9s avec le syst\u00e8me\u2009? Proc\u00e8s d\u2019intention, rugiront les certificateurs\u2009! \u00ab\u2009<em>Pour les artisans bio qui ont juste un atelier, renoncer au label revient pourtant \u00e0 \u00eatre bannis des points de vente bio qui commercialisaient leurs produits, donc \u00e0 perdre leur boulot<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb, leur r\u00e9pond Olivier.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab<\/strong><strong>\u2009<\/strong><strong>C\u2019est compliqu\u00e9 d\u2019arriver \u00e0 un syst\u00e8me \u00e9quitable<\/strong><strong>\u2009<\/strong><strong>\u00bb<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Arr\u00eatons-nous un instant sur cette tarification. Souvent un casse-t\u00eate.&nbsp;<em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>La certification, ce sont des factures qui vous arrivent plusieurs fois par an et que vous ne comprenez pas,<\/em>&nbsp;regrette encore l\u2019artisan.&nbsp;<em>Tout est n\u00e9buleux<\/em><em>\u2009<\/em><em>!<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Tentons de r\u00e9sumer. En gros, pour les agriculteurs, le co\u00fbt de la certification varie en fonction de la taille du cheptel ou du nombre d\u2019hectares cultiv\u00e9s. Pour les transformateurs, les vendeurs et autres, il \u00e9volue en fonction du chiffre d\u2019affaires et du nombre d\u2019ingr\u00e9dients et de produits. Les premiers re\u00e7oivent des subventions cens\u00e9es couvrir le co\u00fbt des contr\u00f4les. Ce n\u2019est pas le cas pour les seconds, qui n\u2019ont d\u2019autres choix que de rogner sur leur marge b\u00e9n\u00e9ficiaire, sauf \u00e0 reporter la facture sur le client. S\u2019ajoutent \u00e0 l\u2019\u00e9quation certaines inconnues. Au final, le diable se cachant dans les d\u00e9tails, difficile de savoir qui paie la plus grosse part de l\u2019addition.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab<em>\u2009<\/em><em>C\u2019est compliqu\u00e9 d\u2019arriver \u00e0 un syst\u00e8me \u00e9quitable,&nbsp;<\/em>acquiesce notre observateur du secteur.&nbsp;<em>La R\u00e9gion wallonne vient d\u2019indexer les tarifs. Il y a eu une pression des gros transformateurs pour \u00e9viter de payer davantage. R\u00e9sultat&nbsp;: ce sont les petits qui vont \u00eatre augment\u00e9s. C\u2019est dommage, car c\u2019est important pour eux aussi d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 la certification.<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 du SPW, on confirme \u00e0 tout le moins la r\u00e9vision de la tarification&nbsp;: \u00ab<em>\u2009<\/em><em>Elle fait l\u2019objet de l\u2019arr\u00eat\u00e9 gouvernemental wallon du 13&nbsp;octobre 2022<\/em>\u2009\u00bb. Un des quatre principes g\u00e9n\u00e9raux\u2009?&nbsp;\u00ab<em>\u2009<\/em><em>Une remise \u00e0 niveau des montants sur la base de l\u2019indice sant\u00e9 de septembre 2021.<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Cet indice ayant \u00e9volu\u00e9 \u00e0 la hausse, on en conclut que le co\u00fbt de la certification a augment\u00e9 de concert. Si le SPW ne dit rien sur ce point, il rel\u00e8ve que plusieurs mesures ont \u00e9t\u00e9 prises pour en r\u00e9duire le poids&nbsp;: redevance moindre pour les transformateurs de faible taille\u2009; augmentation des aides pour les agriculteurs\u2009; dispositif particulier pour les groupes de producteurs, les transformateurs et les restaurateurs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre, aucune r\u00e9forme de la tarification ne semble \u00e0 l\u2019ordre du jour. La raison\u2009? La crainte qu\u2019elle entraine un impact sur la certification en elle-m\u00eame. En t\u00e9moigne, indirectement, cette r\u00e9ponse de Willy Borsus (MR) \u00e0 une question de la d\u00e9put\u00e9e Anne Kelleter (\u00c9colo), en mars 2022<a href=\"applewebdata:\/\/A7A61D76-AD40-4421-A6D3-6AD3C1353905#_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>, sur le co\u00fbt \u00ab\u2009\u00e9norme\u2009\u00bb de la certification. \u00ab<em>\u2009<\/em><em>Les contr\u00f4les [&#8230;] engendrent des frais, notamment de personnel, de d\u00e9placements, d\u2019analyses de laboratoires et administratifs, expliquait alors le<\/em>&nbsp;ministre wallon de l\u2019Agriculture.&nbsp;<em>Il n\u2019est pas envisageable de compresser ces frais [&#8230;], au risque que la qualit\u00e9 de ces contr\u00f4les soit amoindrie et que l\u2019int\u00e9grit\u00e9 des produits biologiques soit compromise.<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab<\/strong><strong>\u2009<\/strong><strong>Nous sommes les dindons de la farce<\/strong><strong>\u2009<\/strong><strong>\u00bb<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>De fait, il en faut, du monde, pour contr\u00f4ler les 3.417&nbsp;op\u00e9rateurs bio audit\u00e9s par Certisys&nbsp;: quelque 50&nbsp;\u00e9quivalents temps plein, qui repr\u00e9sentent une charge de 2,7&nbsp;millions d\u2019euros. Pourtant, on l\u2019a lu plus haut, pas de quoi plomber les b\u00e9n\u00e9fices de l\u2019entreprise, dont la solvabilit\u00e9 est sup\u00e9rieure \u00e0 45&nbsp;% ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Et qui dispose de cr\u00e9ances \u00e0 hauteur d\u2019un million, ainsi que des placements de tr\u00e9sorerie de pr\u00e8s de 1,8&nbsp;million. Comment expliquer pareille tr\u00e9sorerie\u2009? Pour Olivier, on est proche d\u2019un racket organis\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u2009<em>Au fil du temps, en discutant avec les autres acteurs de notre fili\u00e8re, on s\u2019est rendu compte qu\u2019on payait tous une certification pour le m\u00eame produit&nbsp;: les producteurs, les transformateurs, les distributeurs,&nbsp;<\/em>d\u00e9nombre l\u2019artisan.&nbsp;<em>M\u00eame chose pour les autres fili\u00e8res du bio. Nous sommes tous devenus des cochons payeurs<\/em><em>\u2009<\/em><em>! Et les dindons de la farce, avec les consommateurs sur qui certains n\u2019ont eu d\u2019autre choix que de reporter la facture de la certification. Fl\u00fbte quoi<\/em><em>\u2009<\/em><em>! Est-ce que tout \u00e7a a un sens<\/em><em>\u2009<\/em><em>? Et si on faisait l\u2019inverse<\/em><em>\u2009<\/em><em>?<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Taxer ceux qui bossent dans les fili\u00e8res qui font des ravages, et foutre la paix \u00e0 ceux qui travaillent bien&#8230; Du c\u00f4t\u00e9 des acteurs du bio, cela semble logique. Du c\u00f4t\u00e9 des certificateurs, en revanche, une telle approche ressort de l\u2019utopie. \u00ab<em>\u2009<\/em><em>Si un des acteurs de la cha\u00eene n\u2019est pas consciencieux, s\u2019il ne respecte pas le cahier des charges, cela impacte le reste de la cha\u00eene,&nbsp;<\/em>met en garde notre expert du secteur.<em>&nbsp;C\u2019est pour \u00e7a qu\u2019il y a des contr\u00f4les et des prises d\u2019\u00e9chantillons \u00e0 chaque \u00e9tape.<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Un constat partag\u00e9 par Franck Brasseur, qui rappelle que cette surveillance s\u2019\u00e9tend \u00e9galement aux organismes certificateurs&nbsp;: \u00ab<em>\u2009<\/em><em>Nous sommes audit\u00e9s chaque ann\u00e9e par les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes. Elles v\u00e9rifient notre respect de la r\u00e8glementation, notamment sur la tarification. Par ailleurs, sur la question des prix, pour avoir consult\u00e9 les audits r\u00e9alis\u00e9s en Flandre et en Wallonie, je peux vous dire que tous les op\u00e9rateurs \u00e9taient au niveau minimal de la tarification en 2022. Nous-m\u00eames avons \u00e9t\u00e9 en non-conformit\u00e9 parce que nous \u00e9tions en dessous du seuil impos\u00e9.<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Des dividendes mirobolants dans des poches fran\u00e7aises<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, une r\u00e9ussite insolente pour Certisys, tant elle fait mentir cet adage connu des financiers&nbsp;: en mati\u00e8re d\u2019investissement, ce qui est confortable est rarement rentable. Ici, c\u2019est tout l\u2019inverse&nbsp;: c\u2019est confortable et c\u2019est rentable. Ainsi, l\u2019entreprise a vers\u00e9 un peu plus d\u2019un million de dividendes \u00e0 ses actionnaires en 2021. Deux ans auparavant, c\u2019\u00e9tait 500.000&nbsp;euros. Il y a quatre ans, c\u2019\u00e9tait 545.000&nbsp;euros. Soit un peu plus de deux millions entre 2017 et 2021.<\/p>\n\n\n\n<p>Des r\u00e9mun\u00e9rations \u00e0 six ou sept chiffres auxquels peu d\u2019acteurs des fili\u00e8res bio peuvent pr\u00e9tendre, et encore moins les agriculteurs. Une statistique pour \u00e9clairer ce gap&nbsp;: dans une ferme, les revenus par unit\u00e9 de travail avoisinent les 33.000&nbsp;euros brut par an<a href=\"applewebdata:\/\/A7A61D76-AD40-4421-A6D3-6AD3C1353905#_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>\u2009; et c\u2019est encore moins pour les \u00e9leveurs. Dit autrement&nbsp;: en quatre ans, les actionnaires de Certisys ont touch\u00e9 des r\u00e9mun\u00e9rations \u00e9quivalentes \u00e0 celles qu\u2019aurait gagn\u00e9es un agriculteur en 63&nbsp;ans.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce propos&nbsp;: combien sont-ils, ces agriculteurs, \u00e0 avoir choisi Certisys comme certificateur bio\u2009? \u00ab\u2009<em>Au 31&nbsp;d\u00e9cembre, pas moins de 2<\/em><em>.<\/em><em>494&nbsp;fermes \u00e9taient sous audit bio en Belgique,&nbsp;<\/em>lit-on dans le rapport annuel&nbsp;2021 de l\u2019entreprise.&nbsp;<em>Pr\u00e8s de 60&nbsp;% de ces fermes ont fait confiance \u00e0 Certisys. Ce chiffre consolide encore cette ann\u00e9e notre position de leader<\/em>.\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En mati\u00e8re de consolidation, justement, il y a plus interpellant encore&nbsp;: en 2021, Certisys a \u00e9t\u00e9 revendue au fran\u00e7ais Ecocert, g\u00e9ant de la certification, avec ses 36&nbsp;filiales en Europe et dans le monde. Le million de dividendes vers\u00e9s cette ann\u00e9e-l\u00e0 a donc directement atterri dans les poches d\u2019une multinationale \u00e9trang\u00e8re. \u00c0 quoi lui servira cet argent\u2009? \u00ab<em>\u2009<\/em><em>Je ne peux vous aider sur cette question, il faut remonter aupr\u00e8s du groupe<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb<em>,<\/em>&nbsp;nous a r\u00e9pondu la porte-parole de Certisys. D\u00e9claration plus concise encore de Franck Brasseur,&nbsp;\u00ab<em>\u2009<\/em><em>pas \u00e0 m\u00eame de r\u00e9pondre \u00e0 cette question<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son rapport annuel&nbsp;de 2021, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de Certisys se f\u00e9licitait pourtant de rejoindre \u00ab<em>\u2009<\/em><em>le groupe Ecocert, avec qui nous partageons la m\u00eame vision de l\u2019agriculture biologique et un pass\u00e9 commun<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb. Pourquoi ce laconisme aujourd\u2019hui\u2009? Simple prudence par rapport \u00e0 un sujet jug\u00e9&nbsp;<em>touchy<\/em><em>\u2009<\/em>? D\u00e9saccord avec son actionnaire\u2009? Nous avons contact\u00e9 Ecocert pour savoir ce qu\u2019il \u00e9tait advenu de ce million de dividendes. \u00ab\u2009<em>Quand la situation des filiales le permet, leurs r\u00e9sultats remontent en effet \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 m\u00e8re afin de financer les investissements, les services support du groupe et les d\u00e9penses&nbsp;<\/em>corporate<em>&nbsp;dont b\u00e9n\u00e9ficient l\u2019ensemble des filiales op\u00e9rationnelles<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb<em>,&nbsp;<\/em>nous a r\u00e9pondu sa porte-parole.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une r\u00e9ponse en langue de bois pour une attitude de corsaire&nbsp;: en s\u2019octroyant un&nbsp;million de dividendes sur 1,2&nbsp;million de b\u00e9n\u00e9fice, Ecocert n\u2019a rien fait d\u2019autre que vider le coffre au tr\u00e9sor. \u00ab\u2009<em>Certisys est une machine \u00e0 cash<\/em>, confirme un expert-comptable avec qui nous avons examin\u00e9 les comptes de l\u2019entreprise.&nbsp;<em>Si elle avait voulu r\u00e9investir, elle aurait conserv\u00e9 cet argent pour atteindre des objectifs propres. Ici, verser pareil dividende revient \u00e0 faire aveu d\u2019une dette vis-\u00e0-vis des actionnaires, pas d\u2019une reconnaissance de l\u2019utilit\u00e9 d\u2019un projet.<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ecocert a-t-elle voulu faire payer \u00e0 Certisys la facture de son rachat\u2009? La question reste pos\u00e9e. Autre possibilit\u00e9&nbsp;: la volont\u00e9 des actionnaires d\u2019Ecocert de rafler la mise. \u00ab<em>\u2009<\/em><em>Aucun dividende n\u2019a \u00e9t\u00e9 vers\u00e9 pour les exercices&nbsp;2018 \u00e0 2021<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb, nous a cependant r\u00e9pondu l\u2019entreprise. Quant \u00e0 l\u2019exercice&nbsp;2022, \u00ab<em>\u2009<\/em><em>\u00e0 ce jour, la question n\u2019est pas encore d\u2019actualit\u00e9. Ecocert est encore en pleine cl\u00f4ture des comptes<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb, nous a-t-on assur\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Petite pr\u00e9cision&nbsp;: bas\u00e9 \u00e0 L\u2019Isle-Jourdain, commune fran\u00e7aise situ\u00e9e dans le d\u00e9partement du Gers (Occitanie), le groupe Ecocert est lui-m\u00eame contr\u00f4l\u00e9 \u00e0 98&nbsp;% par Sylvestris, un holding appartenant \u00e0 la famille Vidal. Disposant d\u2019un ou deux salari\u00e9s, celui-ci a fait remonter 644.000&nbsp;euros de b\u00e9n\u00e9fice dans son compte de r\u00e9sultat&nbsp;2021, faisant grimper ses r\u00e9serves \u00e0 5&nbsp;millions. De quoi faire grimacer Olivier&nbsp;: \u00ab<em>\u2009<\/em><em>J\u2019ai une fa\u00e7on tr\u00e8s paysanne de faire des affaires. Quand il y a des b\u00e9n\u00e9fices, on le dit, on le met dans le projet ou on redistribue \u00e0 la collectivit\u00e9. On ne met pas \u00e7a dans ses poches.<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-stackable-heading stk-block-heading stk-block-heading--v2 stk-block stk-813d757\" id=\"strong-des-operateurs-remuneres-par-de-largent-public-nbsp-strong\" data-block-id=\"813d757\"><h3 class=\"stk-block-heading__text\"><strong>Des op\u00e9rateurs r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s par de l\u2019argent public&nbsp;<\/strong><\/h3><\/div>\n\n\n\n<p>Si les acteurs du bio risquent d\u2019avaler de travers \u00e0 la lecture de ces chiffres, les citoyens pourraient, eux aussi, s\u2019en offusquer&nbsp;: un peu de leurs imp\u00f4ts percolent indirectement dans ces dividendes, via les aides PAC (Europe) sp\u00e9cifiques per\u00e7ues par les agriculteurs bio et, depuis cette ann\u00e9e, par certains mara\u00eechers bio.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Certisys re\u00e7oit \u00e9galement de l\u2019argent public wallon. La raison\u2009? \u00ab<em>\u2009<\/em><em>Le taux d\u2019\u00e9chantillons \u00e0 collecter sur le terrain est fix\u00e9 \u00e0 5&nbsp;% par la r\u00e8glementation europ\u00e9enne,<\/em>&nbsp;d\u00e9taille Franck Brasseur.&nbsp;<em>En Belgique, le secteur et les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes ont d\u00e9cid\u00e9 de fixer ce taux \u00e0 50&nbsp;%, soit dix fois plus. Les R\u00e9gions r\u00e9tribuent donc les certificateurs pour le surplus \u00e0 collecter. Pour Certisys, cela repr\u00e9sente 80.000<\/em><em>&nbsp;\u20ac<\/em><em>&nbsp;par an.<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Une information confirm\u00e9e par le Service public de Wallonie. Une diff\u00e9rence toutefois&nbsp;: c\u2019est plut\u00f4t 112.000&nbsp;euros qu\u2019a touch\u00e9s Certisys en 2021, sur une enveloppe de 168.000&nbsp;euros vers\u00e9s aux quatre certificateurs agr\u00e9\u00e9s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Autre point pol\u00e9mique au regard de la capacit\u00e9 de Certisys \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer b\u00e9n\u00e9fices et dividendes, celui portant sur les frais li\u00e9s \u00e0 certaines sanctions.&nbsp;\u00ab<em>\u2009<\/em><em>Un contr\u00f4le renforc\u00e9 est appliqu\u00e9 syst\u00e9matiquement lorsqu\u2019un avertissement a d\u00fb \u00eatre inflig\u00e9<\/em>, lit-on sur le site de Certisys.&nbsp;<em>Cette sanction est accompagn\u00e9e d\u2019une facture d\u2019un montant \u00e0 charge de l\u2019op\u00e9rateur.<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Comment \u00eatre s\u00fbr qu\u2019un dossier est instruit \u00e0 charge et \u00e0 d\u00e9charge au regard de l\u2019app\u00e9tit des actionnaires\u2009? D\u2019autant que la proc\u00e9dure d\u2019appel pour contester une sanction est \u00e9galement diligent\u00e9e par Certisys. \u00ab<em>\u2009<\/em><em>Nous r\u00e9analysons son dossier de mani\u00e8re ind\u00e9pendante, en ce sens que le membre de notre personnel \u00e0 la base de la d\u00e9cision initiale ne fait plus partie de la discussion,<\/em>r\u00e9torque Franck Brasseur.&nbsp;<em>Si la sanction est confirm\u00e9e en appel, l\u2019op\u00e9rateur peut encore aller en recours aupr\u00e8s de l\u2019administration.<\/em>&nbsp;<em>Rien n\u2019est laiss\u00e9 \u00e0 une appr\u00e9ciation subjective.<\/em>&nbsp;<em>Ce processus est cadr\u00e9 par la norme Iso&nbsp;17065 et il est contr\u00f4l\u00e9 par les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes.<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Un zoom arri\u00e8re avant de terminer. Si Certisys tire son \u00e9pingle du jeu avec plus de deux millions de dividendes distribu\u00e9s en quatre ans, les autres certificateurs bio agr\u00e9\u00e9s en Wallonie ne sont pas en reste&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>T\u00dcV NORD Integra (52&nbsp;\u00e9quivalents temps plein), qui fait partie de T\u00dcV NORD, une multinationale allemande, a distribu\u00e9 785.000 \u20ac&nbsp;\u00e0 ses actionnaires dans le m\u00eame laps de temps.&nbsp;<\/li>\n\n\n\n<li>Inscert Partner (33&nbsp;\u00e9quivalents temps plein), dont l\u2019actionnaire est FoodChain ID, une multinationale am\u00e9ricaine&nbsp;les a, elle, r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s 410.000 \u20ac.&nbsp;<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Seule exception, le Comit\u00e9 du lait (38&nbsp;\u00e9quivalents temps plein). Il n\u2019affiche aucun dividende vers\u00e9, m\u00eame s\u2019il a constitu\u00e9 une r\u00e9serve appr\u00e9ciable (897.000 \u20ac&nbsp;de b\u00e9n\u00e9fices report\u00e9s).&nbsp;&nbsp;Toutefois, attention \u00e0 ne pas se m\u00e9langer les pinceaux&nbsp;: il s\u2019agit, ici, d\u2019une ASBL devenue organisme interprofessionnel. \u00ab\u2009<em>Pour l\u2019heure, la certification repr\u00e9sente \u00e0 peine 2&nbsp;% de nos activit\u00e9s,<\/em>&nbsp;nuance \u00e9galement \u00c9mile Piraux, son patron.&nbsp;<em>Par ailleurs, si nous voulons rester ind\u00e9pendants, nous devons offrir un service le plus complet possible. Cela nous demande d\u2019adopter une gestion saine, donc de faire des r\u00e9serves, pour d\u00e9velopper des projets ou pallier d\u2019\u00e9ventuelles pertes, comme celles que nous allons devoir inscrire dans notre compte annuel&nbsp;2022.<\/em>\u2009\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La crainte d\u2019Emile Piraux&nbsp;? Se faire racheter par un plus gros.&nbsp;C\u2019est dire si le march\u00e9 de la certification bio est rentable. Un cinqui\u00e8me op\u00e9rateur a d\u2019ailleurs demand\u00e9 son accr\u00e9ditation. Avec quel impact sur la fili\u00e8re\u2009? \u00ab<em>\u2009<\/em><em>Son agr\u00e9ment augmentera d\u2019autant le choix des op\u00e9rateurs soumis au syst\u00e8me de contr\u00f4le, mais ne devrait pas avoir d\u2019impact significatif sur les acteurs du bio compte tenu du cadre r\u00e8glementaire harmonis\u00e9 qui s\u2019impose<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb, r\u00e9pond le SPW.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pas de quoi susciter l\u2019enthousiasme d\u2019Olivier, qui r\u00eave d\u2019une r\u00e9volution. Les mots se bousculent, les clients aussi. D\u00e9j\u00e0 midi dans l\u2019arri\u00e8re-boutique. Un poing lev\u00e9 en guise d\u2019au revoir&nbsp;: \u00ab<em>\u2009<\/em><em>Au d\u00e9part, la certification bio, c\u2019\u00e9tait une fiert\u00e9, un accomplissement. On se battait pour une cause&nbsp;: le label devait servir un achat local ou avec le moins d\u2019interm\u00e9diaires possible. C\u2019\u00e9tait une solidarit\u00e9 intelligente et \u00e9conomique avec d\u2019autres r\u00e9gions.<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>C\u2019\u00e9tait un accompagnement et des conseils.<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>On doit retrouver cet esprit-l\u00e0<\/em><em>\u2009<\/em><em>!<\/em><em>\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/A7A61D76-AD40-4421-A6D3-6AD3C1353905#_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>&nbsp;https:\/\/www.parlement-wallonie.be\/pwpages?p=interp-questions-voir&amp;type=28&amp;iddoc=109804<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/A7A61D76-AD40-4421-A6D3-6AD3C1353905#_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>&nbsp;https:\/\/etat-agriculture.wallonie.be\/contents\/indicatorsheets\/EAW-A_I_c_5.html<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#fbd795\"><strong>Vous avez pu lire ce dossier en acc\u00e8s libre.<\/strong> Notre objectif: vous convaincre de l&#8217;int\u00e9r\u00eat de vous abonner \u00e0 Tchak. Voici quatre autres raisons&#8230;<br><br>1. Parce que <strong>vous consacrez 15% de votre budget mensuel \u00e0 l\u2019alimentation <\/strong>et que, par ce biais, vous pouvez \u00eatre acteur d\u2019une transition alimentaire solidaire et respectueuse de l\u2019environnement. Encore faut-il pouvoir en capter les multiples et complexes facettes. En ce sens,&nbsp;<em>Tchak<\/em>&nbsp;est une bo\u00eete \u00e0 outils qui accompagne la prise de conscience.<br><br>2. Parce qu&#8217;appr\u00e9hender ces multiples et complexes facettes en un seul num\u00e9ro est impossible. Pour&nbsp;d\u00e9couvrir les acteurs, les fili\u00e8res, les syst\u00e8mes,&nbsp;<strong>il faut se donner du temps. Celui de lire, de d\u00e9couvrir, de r\u00e9fl\u00e9chir, de d\u00e9battre<\/strong>.&nbsp;S\u2019abonner est le meilleur moyen pour appr\u00e9hender les mod\u00e8les et en cerner les impacts sur notre soci\u00e9t\u00e9, notre environnement, notre \u00e9conomie, notre sant\u00e9.<br><br>3. Parce qu\u2019investir dans notre \/ votre coop\u00e9rative de presse, c\u2019est participer <strong>au d\u00e9veloppement et \u00e0 la viabilit\u00e9 d\u2019un m\u00e9dia<\/strong> bas\u00e9 sur&nbsp;<a href=\"https:\/\/economiesociale.be\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">l\u2019\u00e9conomie social<\/a>e. A la cl\u00e9, la p\u00e9rennit\u00e9 des ressources indispensables \u00e0 la conduite du projet et \u00e0 sa qualit\u00e9 journalistique. Et \u00e7a, ce n\u2019est pas rien dans un secteur qui reste plus que jamais \u00e0 la recherche d\u2019un mod\u00e8le financier.<br><br>4. Parce que <strong>supporter la pluralit\u00e9 de la presse, c\u2019est important sur le plan d\u00e9mocratique et soci\u00e9tal<\/strong>. Cette pluralit\u00e9 permet de multiplier les visages, les t\u00e9moignages, les d\u00e9bats dans les m\u00e9dias. Une diversit\u00e9-miroir qui renforce la repr\u00e9sentation citoyenne et qui ne peut qu\u2019aider \u00e0 restaurer la confiance entre ceux-ci et le journalisme.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-stackable-button-group aligncenter stk-block-button-group stk-block stk-da4a038\" data-block-id=\"da4a038\"><style>.stk-da4a038{border-radius:50px !important;overflow:hidden !important;max-width:1500px !important;margin-bottom:0px !important}<\/style><div class=\"stk-row stk-inner-blocks has-text-align-center stk-block-content stk-button-group\">\n<div class=\"wp-block-stackable-button stk-block-button has-text-align-center stk-block stk-c9d2402\" data-block-id=\"c9d2402\"><style>.stk-c9d2402 .stk-button{background:#da3c14 !important;border-radius:31px !important}<\/style><a class=\"stk-link stk-button stk--hover-effect-darken\" href=\"https:\/\/tchak2.odoo.com\/shop\/numero-13-29?category=5#attr=\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><span class=\"stk-button__inner-text\"><strong>Convaincu\u00b7e ?  J&#8217;ach\u00e8te le num\u00e9ro et je m&#8217;abonne<\/strong><\/span><\/a><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, Olivier, artisan bio. De l\u2019autre, Franck Brasseur, patron de Certisys.&nbsp;Au milieu, les plantureux b\u00e9n\u00e9fices du num\u00e9ro&nbsp;1 de la certification bio. Un march\u00e9 qui rapporte gros, en t\u00e9moigne aussi la sant\u00e9 financi\u00e8re des autres op\u00e9rateurs de contr\u00f4le. Sur le terrain, la r\u00e9volte gronde. 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De l\u2019autre, Franck Brasseur, patron de Certisys.&nbsp;Au milieu, les plantureux b\u00e9n\u00e9fices du num\u00e9ro&nbsp;1 de la certification bio. Un march\u00e9 qui rapporte gros, en t\u00e9moigne aussi la sant\u00e9 financi\u00e8re des autres op\u00e9rateurs de contr\u00f4le. Sur le terrain, la r\u00e9volte gronde. Marre de jouer les cochons payeurs alors que les petits acteurs du bio trinquent. Et vent d\u2019espoir.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Yves Raisiere, journaliste | yrai@tchak.be \u00ab\u2009Oui, je suis en col\u00e8re\u2009! J\u2019ai vraiment un sentiment d\u2019injustice, celui de devoir payer pour prouver que je fais bien mon travail, pour montrer \u00e0 mes clients que je lave plus blanc que blanc.\u2026<\/p>\n","category_list_v2":"<a href=\"https:\/\/tchak.be\/index.php\/category\/enquetes-tchak\/\" rel=\"category tag\">Enqu\u00eate<\/a>","author_info_v2":{"name":"Yves Raisiere","url":"https:\/\/tchak.be\/index.php\/author\/yves\/"},"comments_num_v2":"0 commentaire","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tchak.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13522","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tchak.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tchak.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tchak.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tchak.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13522"}],"version-history":[{"count":22,"href":"https:\/\/tchak.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13522\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16846,"href":"https:\/\/tchak.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13522\/revisions\/16846"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tchak.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13526"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tchak.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13522"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tchak.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13522"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tchak.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13522"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}