Enquête

Harcèlement et violence dans l’Horeca : vos témoignages

Début janvier 26, Tchak a lancé un appel à témoignages destiné aux travailleuses et aux travailleurs du secteur de l’Horeca, et aux patrons et/ou responsables d’établissements (café, brasserie, restaurant, hôtel, etc). 

Ces témoignages nourriront une enquête sur le harcèlement et les violence dans ce secteur, à paraître au printemps 2026.

Sur cette page, vous pouvez lire les témoignages qui nous sont parvenus. Vous aussi, vous voulez nous raconter votre vécu ? N’hésitez pas.


Vos messages

Des colères violentes

J’ai travaillé deux ans dans un coffee bar de Bruxelles (*).

Suite à grosses crises de colère récurrentes de la part de mon patron (caractérisées par des hurlements, le fait de jeter des objets au sol, de tout claquer sur le plan de travail) déclenchées par

  • une soi-disante mauvaise fermeture la veille,
  • un agacement face à sa compagne et leur nouveau né (je vous passe les remarques sexistes de sa part vis à vis d’elle),
  • une livraison non arrivée, ou l’un ou l’autre tracas,
  • Etc.

J’ai du prendre la décision de quitter cet endroit à cause d’un comportement inacceptable.

Un jour, j’ai été dans l’incapacité d’ouvrir l’établissement en raison d’une intoxication alimentaire. Je lui en fais part dès 6 heure du matin. Zéro réponse. À 9:30, un message me demandant si je ne peux quand même pas venir. Toujours investie aux endroits où je bosse, j’y vais tout de même pour aider.

À mon arrivée, aucun bonjour de la part de mon patron. Mais violence physique (pas à mon encontre mais dirigée vers les objets), pour me faire sentir qu’il est en colère, jusqu’à un pichet de lait chaud jeté avec une immense violence dans le bac de plonge où j’étais occupée, qui m’a du coup explosé dessus.

J’ai quitté le lieu. J’ai depuis appris qu’il n’adressait plus non plus la parole à une autre ancienne collègue car elle a remis deux certifs pour deux grosses infections. Il la licencie désormais pour “raisons économiques”….

Les justifications à ces colères et autre étaient systématiquement: c’est pas évident d’être indépendant, c’est dur comme secteur, on est fatigués, on bosse tout le temps.

(*) Note de la rédaction: l’établissement se situe bien à Bruxelles, mais nous avons supprimé la localisation précise.

Coralie (prénom d'emprunt)

Caméra dans le vestiaire

« Dans l’établissement dans lequel je travaille, on n’a pas de vestiaire pour se changer, mais on peut aller dans les toilettes ou dans la cave. J’ai été informée qu’il y avait des caméras dans la cave, je pensais qu’il y en avait deux, mais en fait il y en avait trois. Et c’est comme ça que je me suis rendu compte que l’endroit où je me change depuis tout ce temps était surveillé

Nathalie (prénom d'emprunt)

Allusions graveleuses

« Je venais d’avoir 18 ans et le patron qui avait 45 ans me demandait d’astiquer les couverts et venait derrière mon épaule en me susurrant : « Ça me rappelle quelque chose ».

Odile (prénom d'emprunt)

Pas de pause

« Les horaires étaient très lourds à gérer, je faisais souvent 12h de travail sans pause, vu que je suis non-fumeuse je ne pouvais même pas avoir cette excuse-là pour m’aérer un peu.»

Géraldine (prénom d'emprunt)