
Manifeste
Tchak est un média d’enquête, de récit et de décryptage. En fil rouge, le monde paysan et artisan, sa capacité à reconstruire des filières, de la solidarité, des territoires. Ici, en Belgique francophone. Et ailleurs.
Notre coopérative de presse est aussi née d’un refus : celui de rester au balcon pendant que s’empilent les crises écologique, sociale, économique, politique. Nous enquêtons sur les verrous du système alimentaire actuel : des plans de réduction des pesticides jamais tenus, l’accaparement des terres par le grand capital, la dépendance de nos assiettes à des filières productivistes, les contradictions derrière certaines success-stories et les multinationales qui prospèrent sur fond de chaos.
Tchak, c’est un journalisme combatif et fertile. La planète brûle. Les inégalités se creusent. La solidarité s’effrite. Nous refusons de faire notre métier comme si de rien n’était.
Cette ligne éditoriale incarne ce que des chercheuses et des chercheurs comme Michael Brüggemann appellent le « journalisme transformatif».
Ce manifeste explique donc ce qui nous rassemble, et en quoi cela peut vous intéresser, vous qui avez peut-être envie de nous lire.
Tchak défend une ligne éditoriale radicale, parce qu’il n’est plus possible de fermer les yeux sur les ravages du système agro-industriel dominant : précarisation du monde paysan, dégradation de la santé des peuples, destruction du vivant.
C’est pour cette raison que nous ne sommes pas neutres. Nous refusons les équilibres artificiels qui servent le statu quo et brouillent la compréhension des rapports de force. Nous ne plaçons pas tous les points de vue sur le même plan et nous ne croyons pas que la vérité se trouve toujours « entre les deux ».
Ce refus n’est ni gratuit ni dogmatique. Il s’ancre dans des valeurs universelles : solidarité, justice sociale, démocratie, respect du vivant. Il se traduit par une posture critique qui ne se contente pas d’un équilibre de façade, mais qui interroge l’incohérence des discours et des logiques de domination.
Concrètement, cela veut dire pour vous, lectrices et lecteurs :
Assumer un journalisme de transformation, ce n’est pas faire l’économie de la rigueur. C’est redoubler d’attention à chaque fait, chaque source, chaque mot.
Ainsi, si Tchak s’ancre dans un journalisme transformatif, cette combativité-là n’affaiblit pas notre exigence : il la renforce. Dans un monde saturé de fausses informations, cette rigueur est notre promesse, et celle-ci donne du poids à notre combativité.
Nous faisons partie de l’Association pour l’autorégulation de la déontologie journalistique (AADJ – Belgique francophone). Nous défendons son code de déontologie et nous le faisons vivre, dans nos arbitrages comme dans nos doutes. Recherche de la vérité, vérification des faits, indépendance éditoriale, respect des sources, transparence envers le public : ce sont nos garde-fous, et ils sont non négociables.
Ces principes constituent notre contrat éditorial avec vous, lectrices et lecteurs : ils vous donnent le droit de nous demander des comptes et l’assurance que ce que nous publions répond aux mêmes exigences, quel que soit le sujet ou la personne mise en cause.
Concrètement, cela veut dire pour vous :
Chez Tchak, nous avons des partenaires : des ONG, des collectifs citoyens, des coopératives, des chercheurs et chercheuses. Ils et elles partagent avec nous le souci d’arriver à un monde plus juste, plus solidaire, plus respectueux du vivant. Nous travaillons ensemble, nous collaborons, nous débattons.
Cette volonté de s’ouvrir à la société civile ne fait pas de nous des alliés inconditionnels. Nous gardons notre liberté. Nous questionnons, y compris celles et ceux qui nous ressemblent. Ainsi, notre combativité ne vaut que si nous sommes lucides sur les tensions permanentes qu’induit le journalisme transformatif. Nous devons accepter que nos convictions soient mises à l’épreuve par nos enquêtes de terrain ; nous devons être capables de dénoncer ce qui doit l’être sans fermer la porte à l’échange.
Ces tensions nous obligent à penser contre nous-mêmes lorsque c’est nécessaire, à interroger nos biais, à écouter des points de vue qui dérangent. Et puis, nous n’avons pas encore trouvé de solution à ce paradoxe : nous revendiquons notre autonomie mais nous n’avons pas encore réussi à nous passer de Facebook et cie.
Concrètement, cela veut dire pour vous, lectrices et lecteurs :
Chez Tchak, nous refusons de réduire les enjeux alimentaires, le dérèglement climatique ou le déclin de la biodiversité à des actes et des responsabilités individuelles. Ces crises impactent nos vies, notre santé, nos territoires, mais elles trouvent leurs racines dans des logiques globales.
Trouver des solutions demande de penser autrement. De relier ce qui a été séparé. Notre journalisme s’inspire de ce que le sociologue Edgar Morin appelle la pensée complexe : articuler les dimensions sociales, économiques, écologiques, culturelles, politiques et critiques, plutôt que de les découper ou de les opposer.
Nous refusons les raccourcis, les indignations creuses et les récits manichéens. Nos enquêtes partent du terrain – rural ou urbain – mais prennent de la hauteur : du local au global, du champ à l’assiette. Et quand nous parlons d’alternatives, nous en examinons aussi les limites, les conditions d’émergence et leur portée politique. Nous valorisons l’humain et le collectif : pas les héros isolés, mais les dynamiques partagées, parfois fragiles, qui changent vraiment la donne.
Cette complexité ne doit pas écraser. Nous voulons accompagner, pas assommer. Outiller, pas désespérer. C’est la raison pour laquelle nous essayons de trancher dans la masse d’informations pour ne garder que celles qui éclairent. Un journalisme fertile.
Concrètement, cela veut dire pour vous, lectrices et lecteurs :
Un média ne peut pas dénoncer les dérives d’un système tout en reproduisant ses logiques les plus nocives. C’est une question de cohérence et d’honnêteté.
Tchak est une coopérative de presse à finalité sociale. Pas de grand patron, pas de dividendes : notre média appartient à plus de 500 citoyen·nes et à une trentaine d’associations partenaires. Chacun·e a une voix, quel que soit le nombre de parts. Elle se veut au service de la société.
Notre comité de rédaction réunit journalistes, partenaires de terrain, citoyen·nes engagé·es et lecteurs. Chaque numéro ouvre ses pages à la société civile : cartes blanches, contributions d’expert·es ou de personnes concernées. Grâce à notre rubrique « Les Suites », le débat continue après publication (corrections, précisions, désaccords compris).
Nos valeurs imprègnent aussi notre manière de travailler : bien-être au travail, égalité de genre, mixité des intervenant·es, écriture inclusive, sobriété environnementale, refus de certaines publicités, événements participatifs ouverts au public. Nos journalistes travaillent sur le temps long, loin de l’actualité « chaude » et des titres racoleurs.
Et parce qu’un média a aussi une empreinte matérielle, nous agissons concrètement : bureaux partagés, imprimerie labellisée FSC, mobilité douce, tirages optimisés. Chaque choix – du plus stratégique au plus pratique – est aligné sur nos engagements éditoriaux.
Concrètement, cela représente pour vous, lectrices et lecteurs :
