En collaboration avec le Centre wallon de recherches agronomiques, le Centre apicole de recherche et d’information (Cari) a lancé le projet BEE, une initiative visant à soutenir la filière apicole face à ses enjeux économiques, environnementaux et sanitaires. En 2022, la Belgique a franchi la barre symbolique des 10.000 apiculteur·rices enregistré·es, selon l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). Un chiffre impressionnant, mais trompeur : « L’écrasante majorité sont des hobbyistes », nuance Orianne Rollin, directrice du Cari. « Ils doivent s’enregistrer pour des raisons sanitaires, mais très peu vivent réellement de leurs colonies d’abeilles. »

Selon les derniers chiffres publiés par l’Union européenne, la production annuelle de miel est estimée à 250.000 tonnes. La Belgique, elle, en produirait quelque 2.700 tonnes, pour une consommation avoisinant les 3.500 tonnes, déclare Willy Borsus au Parlement wallon lors d’une interpellation sur l’état du marché du miel dans la région. C’est dire s’il existe une marge de progression. Un sentiment partagé par la directrice du Cari. « Nous n’en sommes encore qu’aux balbutiements de la filière apicole. En Belgique, on commence à parler d’apiculteur professionnel à partir de 50 ruches. Mais on ne peut pas vivre d’une si petite production. À ma connaissance, ils doivent être trois en Wallonie à réussir à dégager un revenu de leur activité. » [1]

Une filière au stade embryonnaire

Un syndicat apicole national avait déjà vu le jour, sans réussir à survivre au temps. « Sans doute parce que la Wallonie est un terrain où, traditionnellement, l’apiculture est plutôt exercée comme un loisir », explique Orianne Rollin, la directrice du Cari.