Professeur honoraire à l’Université de Lausanne et sociologue des sciences et de l’innovation, le Gembloutois Dominique Vinck a récemment publié une bande dessinée sur le glyphosate, l’herbicide controversé. Technicien chimiste, ingénieur, philosophe et sociologue, il a à cœur d’hybrider les savoirs de différentes disciplines pour saisir la complexité du réel. Avec « Mitra. Ne rien laisser passer », son but est de permettre aux lecteur·ices de comprendre la complexité du débat autour de ce pesticide.

Dominique Vinck, le sujet de votre BD est la controverse autour du glyphosate. Qu’est-ce qu’une controverse, sur le plan scientifique et technique ?

Il s’agit d’un désaccord sur des connaissances ou sur la façon de les fabriquer. Et il y en a énormément : si un·e chercheur·euse travaillait tout·e seul·e en appliquant la méthode scientifique, il ou elle produirait de la connaissance sans controverse. Mais il n’est pas sûr qu’elle serait très robuste, même si la méthode était bonne. Très souvent, les scientifiques regardent ce que font leurs collègues d’un œil critique. Et ça les force à discuter entre eux, à recommencer l’expérience, en tenant compte de plus de paramètres que ce qu’ils avaient imaginé au départ.

Ces controverses sont donc essentielles en sciences ?