Wind for life, en référence au Win for life… C’est le titre qui barre la couverture de notre nouveau numéro. Le jeu de mots vient facilement à l’esprit, tant l’implantation d’éoliennes en terres agricoles tient, pour les heureux et les heureuses élues, d’une rente quasi à vie. Un modèle souvent présenté comme Win-Win. D’un côté, des pales captant le vent pour le transformer en énergie verte ; de l’autre, une rémunération pour des agriculteurs et des agricultrices qui peinent à joindre les deux bouts.

Comme le révèle notre enquête, la réalité est plus nuancée. Ainsi, au Wind for life, les propriétaires empochent davantage que les locataires ; or, parmi les agriculteurs et les agricultrices wallons, ils et elles sont seulement 35 % à cultiver leurs propres terres. Par ailleurs, seul un petit pourcentage — celles et ceux dont les parcelles sont situées sur des plateaux dégagés et venteux — a une chance de toucher le gros lot. Enfin, pour emporter la mise, le projet doit aboutir, ce qui, dans l’éolien, prend des années et n’est jamais gagné d’avance.