Wind for life, en référence au Win for life… C’est le titre qui barre la couverture de notre nouveau numéro. Le jeu de mots vient facilement à l’esprit, tant l’implantation d’éoliennes en terres agricoles tient, pour les heureux et les heureuses élues, d’une rente quasi à vie. Un modèle souvent présenté comme Win-Win. D’un côté, des pales captant le vent pour le transformer en énergie verte ; de l’autre, une rémunération pour des agriculteurs et des agricultrices qui peinent à joindre les deux bouts.

Comme le révèle notre enquête, la réalité est plus nuancée. Ainsi, au Wind for life, les propriétaires empochent davantage que les locataires ; or, parmi les agriculteurs et les agricultrices wallons, ils et elles sont seulement 35 % à cultiver leurs propres terres. Par ailleurs, seul un petit pourcentage — celles et ceux dont les parcelles sont situées sur des plateaux dégagés et venteux — a une chance de toucher le gros lot. Enfin, pour emporter la mise, le projet doit aboutir, ce qui, dans l’éolien, prend des années et n’est jamais gagné d’avance.

Finalement, quelques dizaines de fermes sur les 12.700 que compte la Wallonie tirent le bon billet. Encore faut-il qu’elles gardent leur sang-froid. Prendre le temps de relire un contrat quand votre voisin ou votre voisine se dit prêt·e à signer demande des nerfs d’acier.

Éolien et terres agricoles : la ruée vers l’or
Enquête Énergies
Éolien et terres agricoles : la ruée vers l’or
En Wallonie, de plus en plus d'éoliennes poussent dans les champs.

En face, les opérateurs industriels ont, eux, l’habitude. Ils sont organisés, ils connaissent leurs droits et, au contraire de nombreux agriculteurs et agricultrices, ils peuvent prendre des risques : la Wallonie leur a octroyé plus d’un milliard de certificats verts depuis la naissance de la filière éolienne, au début des années 2000. De l’argent public qui, parfois, comme nous le révélons, remonte dans les poches de multinationales étrangères.