Nous avons une éolienne sur une parcelle qui nous appartient, et aussi une autre sur une terre que nous louons. Pour celle qui nous appartient, nous n’avons pas signé d’option, mais directement le contrat final. À l’époque, nous ne sommes pas allés voir un avocat. Nous n’y avons même pas pensé. »

La ferme de Gérard et Cathy (prénoms d'emprunt) se situe dans le Hainaut. Des céréales, un peu d’élevage, une cinquantaine d’hectares. Et un gros espoir : le jour où l’opérateur éolien leur a proposé de signer un contrat, celui de percevoir une rente annuelle supérieure au bénéfice habituellement récolté sur la partie de parcelle visée par le projet. Aujourd’hui, si le couple n’est pas mécontent de pouvoir mettre du beurre dans ses épinards, il regrette amèrement une signature trop rapide, tant nombre de questions restent pendantes.

Pour un propriétaire de terres, il semble en effet indispensable de se faire conseiller. « Celui qui ne se renseigne pas et signe naïvement va se faire rouler par rapport à son voisin qui, lui, s’est montré plus prudent, amorce Gaëtan Goisse, avocat spécialisé. C’est cynique, mais je pense que le droit appartient à celui qui s’en sert. »

Si Tchak s’est intéressée aux contrats éoliens, c’est parce que ces moulins à vent poussent comme des champignons géants dans le paysage wallon, principalement sur des terres agricoles. « Sur les 611 éoliennes cartographiées comme étant en fonctionnement ou en cours de construction, 581 sont implantées en zone agricole au plan de secteur », indique ainsi Nicolas Yernaux, porte-parole du Service public de Wallonie (SPW). Autrement dit, 95 % des éoliennes onshore wallonnes se trouvent, pour l’heure, sur des terres dévolues aux cultures ou à l’élevage.