Ici, nul besoin de sonner ou de toquer, la porte est grande ouverte. À l’intérieur, des effluves d’aubergines et de poivrons mijotés viennent narguer les narines, alors que des rires à fissurer les murs et du RnB des années 2000 draguent les oreilles.

« Salut mon gars, tu vas bien ? » Il est dix heures, Anne-Catherine vient d’arriver et fait le tour pour saluer la bande derrière les fourneaux : Viorel, Weldeab, Hassan, Anwar, Clara, Menza, Gabriel, Siem. On distingue dans ce brouhaha pétillant du français, de l’arabe, de l’anglais, de l’espagnol et – on l’apprendra – du tigrinya, une langue parlée principalement en Érythrée et en Éthiopie.