Le sable, comme compacté en une épaisse couche de sel, craquait sous le poids de nos pas. À mesure que nous nous rapprochions du sommet de la montagne de phosphogypse, l’odeur acide qui imprégnait la ville de Darou Khoudoss se faisait de plus en plus forte. Dissimulées derrière, trois cheminées emmêlées de tuyaux rouillés nous faisaient face, tandis que le compteur Geiger prêté par la Criirad nous alertait de la présence d’éléments radioactifs.

Au Sénégal, il n’existe pratiquement aucune information publique sur l’industrie du phosphate et ses impacts. Rien qui ne laisse véritablement présager un risque sanitaire et environnemental. Pourtant, les habitants se plaignent de maladies respiratoires aiguës, d’asthme, de cultures brûlées par les fumées ou de nappes d’eau acidifiées. Les industries, quant à elles, parlent de mauvaise hygiène de vie, de rejets sans danger ou d’accidents de parcours exceptionnels.