Valentin Watlet, chauffeur de liens au Réseau Paysan
250 kilomètres de route, neuf producteurs à collecter: nous avons accompagné Valentin Watlet sur une tournée du Réseau Paysan, en province de Luxembourg. Entre caisses à charger et discussions à la volée, il tisse du lien entre fermes isolées et épiceries locales. Une autre idée de la « grande distribution ».
Ils étaient quelques dizaines à somnoler dans le wagon aux alentours de Namur, ils ne sont plus qu’une poignée à l’approche de la gare de Marbehan, village d’un millier d’habitants au sud de la Province du Luxembourg. Sur le quai et dans le hall, personne. Un camion fend la brume et s’arrête à quelques mètres de la gare. « Ici, on place l’humain avant le profit », affiche le flocage sur la carrosserie. Valentin Watlet ouvre la portière depuis l’intérieur de la cabine, sourire aux lèvres. « Je suis venu directement te chercher : on a une tournée qui nous attend, et il est déjà 9h15. »
Sur la banquette, une liste est épinglée à quelques bons de commande. Il la parcourt des yeux, prend quelques notes. Sur le papier, les noms des neuf producteurs à visiter et la marchandise à collecter sur place. Neuf producteurs, 250 kilomètres : « C’est la plus grosse tournée », reconnaît Valentin, que cette perspective semble enthousiasmer. Le moteur commence à ronronner, l’air chaud à remplir l’habitacle. La journée commence.
Sortie de Marbehan. La route enfile une succession de couleurs et de villages : les tons flamboyants de l’automne tranchent avec le gris du ciel et du goudron, les patelins clairsemés surgissent au gré des champs et d’épaisses forêts. « Notre province est la plus grande et la plus vide de Belgique. Ici, tout est loin de tout », commente Valentin en jetant un œil à son GPS. Avec la plus faible densité de population du pays, la région impose de longues distances aux producteurs, isolés les uns des autres.
Au centre de la toile, le Réseau Paysan, une coopérative qui collecte, stocke et livre les produits des fermes locales à travers toute la région. « Notre mission, c’est d’y faciliter les échanges », raconte Valentin. Chauffeur et responsable logistique, il effectue tous les mercredis l’une des sept tournées de ramassage chez les producteurs. « Je ramène tout ça à la coopérative. Le soir ou le lendemain, d’autres livreront des épiceries, des magasins à la ferme, des gîtes, des restaurants et collectivités en Wallonie et sur Bruxelles. »
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