La flotte de pêche belge navigue dans un rayon assez large au départ de la mer du Nord. C’est néanmoins depuis la Belgique qu’elle valorise 80% de ses captures, selon les chiffres officiels, les espèces de poisson qu’elle cible y obtenant généralement de meilleurs prix que dans les criées étrangères. La plupart de cette marchandise rejoint les ports flamands par… camion, histoire d’éviter aux chalutiers de longs allers-retours et d’économiser du carburant, puisque les déplacements de ces embarcations sont plus énergivores que le transport routier.

Les principaux ports de débarquement sont Zeebruges et Ostende, où le poisson est pris en charge par la Vlaamse visveiling (« Criée aux poissons flamande »), une entreprise privée. Il existe aussi une criée communale à Nieuport, spécialisée dans la crevette et la pêche côtière, mais elle représente moins de 2% des prises belges.

Via ses deux sites, la Vlaamse Visveiling trie le poisson, évalue sa qualité puis le vend à quelque 200 acheteur·euses. « Nos clients sont les enseignes de la grande distribution qui se fournissent en direct comme Carrefour ou Delhaize, des intermédiaires qui conditionnent la marchandise avant de la revendre, des exportateurs qui vendent directement à l’étranger, des entreprises néerlandaises qui importent notre poisson chez elles avant de le réexporter, des restaurants, etc. C’est très large ! », énumère Tom Premereur, son directeur.

Les ventes sont organisées en ligne selon un système d’enchères descendantes : le prix diminue jusqu’à ce que le lot trouve acquéreur·euse. D’après Tom Premereur, la grande distribution n’achète que des poissons labellisés « Vers une pêche durable » (ce qui n’est pas très compliqué vu que quasi toute la flotte belge est labellisée).