En ce début de printemps, j’aurais aimé vous parler des signes annonciateurs du réveil de la nature, et vous inviter à contempler cette force puissante qui s’y manifeste. Je n’en ferai rien, car il me semble important de revenir sur deux temps forts des mobilisations agricoles du début d’année.

Le 9 janvier 2026, en pleine tempête Goretti, la Fédération des jeunes agriculteurs (FJA) et le MR se retrouvent de manière informelle autour de la table. La rencontre a lieu à Libramont, lieu hautement symbolique pour le monde agricole conventionnel. Sont présents Monsieur Bouchez, le président des Réformateurs ; Madame Dalcq, la ministre wallonne de l’Agriculture, également MR ; Florian Poncelet, le président de la FJA ; et une poignée d’agriculteurs locaux.

Malgré le contexte de blocages routiers et les « on ne lâchera rien » clamés sur les réseaux sociaux, les échanges ne sont pas conflictuels. Au contraire ! En témoignent les paroles de Florian Poncelet, président de la FJA : « On a de gros espoirs sur les partis qui sont en majorité aujourd’hui. Là, ça fait presque 2 ans qu’ils sont en place, et ça traîne un peu. » Ou encore : « Au niveau fiscal, il y a un gros travail à faire. » Tous se tutoient, s’invitent à des groupes de travail, blaguent gentiment. Ça parle taxation des aides agricoles, budget PAC, prix du foncier.

« Non, l’écologie n’est pas une idéologie ou un dogme. Elle se base sur des faits avérés. Plus de la moitié des eaux souterraines wallonnes sont en mauvais état chimique en raison des concentrations en nitrates et en pesticides trop élevées. C’est un fait, que ça vous plaise ou non. » 

À propos du Mercosur ? M. Bouchez invite les agriculteurs à laisser tomber leur combat, perdu d’avance selon lui, et à se concentrer sur deux leviers : des compensations économiques via une réforme fiscale des primes PAC, et un allègement des normes de production. Le poisson mord à l’hameçon, et les tracteurs rentrent chez eux. Finie la mobilisation de la FJA contre un accord délétère pour l’ensemble du secteur.