Empreinte toxique du phosphate : interpellation au Parlement de Wallonie
Notre enquête sur l’empreinte toxique du phosphate (Tchak 19, automne 2024) a rebondi en commission du Parlement de Wallonie. Certaines réponses méritant des précisions, Tchak a réinterrogé le cabinet du ministre Coppieters.
Notre enquête sur l’empreinte toxique du phosphate (Tchak 19, automne 2024) a rebondi en commission du Parlement de Wallonie1. Les députées Valérie Dejardin (PS) et Anne-Catherine Goffinet (Les Engagés) y ont adressé plusieurs questions à Yves Coppieters (Les Engagés), ministre de l’Environnement et de la Santé. Certaines de ses réponses méritant des précisions, Tchak a réinterrogé son cabinet.
Décharges de phosphogypse : une localisation pas simple
Lors de son interpellation, Yves Coppieters répondait que la SPAQuE avait identifié l’emplacement d’autres décharges : « À ce jour, en Région wallonne, la SPAQuE a identifié et localisé 1.037 décharges, dépotoirs et autres emplacements de déversement de déchets. Quelques décharges abandonnées de phosphogypse avérée ou suspectée sont identifiées, la plupart dans les environs d’Engis. »
Nous avons demandé à son cabinet de nous transmettre la localisation exacte de ces décharges de phosphogypse avérée ou suspectée par la SPAQuE. Il s’avère finalement que l’accès à cette info ne coule pas de source. « La société Prayon va contacter la SPAQuE afin d’accéder à des éléments de connaissance des quelques décharges avérées ou suspectées de phosphogypse, décharges pour lesquelles la société n’a retrouvé aucune archive interne », précise le porte-parole du ministre.
La Banque de données de l’état des sols toujours incomplète
L’actuelle décharge d’Engihoul n’est toujours pas répertoriée dans la Banque de données de l’état des sols (BDES). Le cabinet du ministre n’a pas été en mesure d’expliquer pourquoi le permis octroyé depuis 1985 n’y est pas repris. Nous sommes donc toujours en attente d’éclaircissements, sachant que la BDES est l’outil de référence officiel pour l’administration et des citoyen·nes wallon·nes regroupant l’ensemble des informations relatives à l’existence de problèmes en lien avec la pollution des sols dont dispose l’administration. Qu’en est-il des autres décharges et sites contaminés en Wallonie ?
Des rapports du comité de suivi technique accessible à tous sur demande
Le cabinet du ministre nous a précisé la composition du comité de suivi technique de la société Prayon. Celui-ci se réunit deux fois par an. Il est composé de la Direction des eaux de surface, des eaux souterraines, du Département de la Police et des contrôles, du Département du sol et des déchets ainsi que de l’ISSeP, de la Commune et est présidé par le fonctionnaire technique (ou son représentant) issu du Département des Permis et Autorisations.
Les rapports de ce comité sont « disponibles sur demande conformément au droit à l’information environnementale », assure le porte-parole d’Yves Coppieters. Tchak va donc demander à ce comité l’accès à l’ensemble de ces rapports.
Confirmation de l’absence de données de l’administration concernant la décharge historique de phosphogypse du Hardémont.
En commission (octobre 2024), le ministre a confirmé l’absence d’archives et de données techniques sur l’ancienne décharge de phosphogypse d’Hardémont. Depuis, il a demandé à son administration d’enjoindre la société Prayon à fournir toutes les données nécessaires pour identifier ce dépôt et ce qu’il contient en termes de types de déchets et de volumes. Début décembre 2024, Prayon n’était pas encore en mesure d’établir le volume de déchets produits et déversés dans l’environnement wallon.
Promesse d’une enquête environnementale : rendez-vous en janvier 2025
Toujours en commission, le ministre avait déclaré demander une enquête environnementale. Selon son cabinet, elle serait en cours. La société Prayon aurait ainsi initié une « évaluation des impacts et des risques résiduels associés à l’ancienne décharge du Hardémont ». Les premiers résultats sont attendus pour janvier 2025.
1 Pour visionner les questions des députées et les réponses du ministre en vidéo, suivez ce lien vers notre page Facebook.
Réagir à cet article
Cet espace est le vôtre pour réagir, questionner et échanger. Merci de respecter notre charte des commentaires.