Pêche : comment le « flyshoot » pille la mer du Nord
En 20 ans, plus de la moitié des bateaux de pêche belges ont disparu. Ceux qui résistent, toujours plus gros et puissants, doivent se livrer une bataille internationale. À bord, l’émoi grandit depuis qu’une nouvelle technique de pêche venue de l’étranger torpille les ressources : le « flyshoot ».
« Mon activité est de moins en moins rentable. Il y a 10 ans, j’avais encore le droit d’attraper 12 à 13 tonnes de bars. Aujourd’hui, je ne peux plus en attraper que la moitié et je n’arrive même pas à le faire tant les stocks sont dans un état dramatique. »
L’Ostendais Laurent Raynal pêche à la ligne depuis une dizaine d’années à titre professionnel. Son petit bateau est immatriculé aux Pays-Bas, faute de licence disponible en Belgique pour ce type de pêche, mais c’est bien à Nieuport en Belgique que celui-ci est généralement amarré. Et si son activité décline, c’est à cause d’un coupable qu’il identifie sans détour : le « flyshoot », comme on l’appelle en Flandre et aux Pays-Bas, une technique de pêche appelée senne démersale en France, dite aussi senne danoise ou écossaise.
Le principe ? Un filet en forme d’entonnoir est posé sur le fond marin, ses deux extrémités étant attachées au navire via un très long câble positionné de manière à former un triangle le plus large possible. Les pêcheurs1 resserrent ensuite le câble vers eux tout en le faisant vibrer, opération qui crée des nuages de sédiments entre lesquels les poissons ont tendance à rester. Les animaux se retrouvent alors coincés dans le filet au fur et à mesure que celui-ci se rapproche du bateau.
Chaque coup de senne balaye en moyenne 3 km², une superficie qui peut varier en fonction de la taille du navire mais reste, en tous les cas, gigantesque en comparaison avec les autres chalutiers de fond.
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