La pêche belge est-elle durable ?
La mer du Nord a perdu plus de 90% de ses gros poissons. Pourtant, les chaluts belges continuent à en racler les fonds, y compris dans les aires marines protégées. Devrions-nous bouder la pêche locale ? Scientifiques et associations invitent à lui laisser le temps d’évoluer.
Chaque Belge mange en moyenne 8,4 kg de poisson, mollusques et crustacés par an, selon la dernière enquête disponible sur le sujet1. Parmi ces produits, plus de la moitié sont achetés frais, saumon et cabillaud en tête. L’écrasante majorité provient de l’étranger puisque pas moins de 90% des denrées animales d’origine aquatique sont importées, d’après Visgro, l’association professionnelle flamande des commerces de poisson.
Certes, la Belgique n’est pas en mesure de satisfaire à elle seule la demande de ses habitant·es. La flotte nationale a débarqué à peine 12.500 tonnes de produits de la mer bruts dans les ports du pays en 2023. Nos pêcheurs ont ramené principalement des seiches, des calamars, des plies, des soles, des raies et des grondins, la sole étant l’espèce la plus importante d’un point de vue commercial (elle représente près de la moitié du chiffre d’affaires des navires belges). Ce n’est pas l’aquaculture, dont la production se limite à 250 tonnes annuelles, qui change la donne. Mais, étonnamment, la Belgique exporte la moitié de ses poissons, d’après la Vlaamse Visveiling, la criée par laquelle transite l’essentiel de cette marchandise.
Son directeur, Tom Premereur, observe néanmoins un léger regain d’intérêt pour la pêche locale : « Depuis deux ans, on voit par exemple une grande augmentation des seiches et calamars dans les débarquements. Le marché belge a assez bien suivi, même s’il y a toujours un décalage entre ce que nos navires pêchent et les habitudes alimentaires », relève-t-il.
Grâce à plusieurs campagnes de promotion et à l’attrait général pour le local, Visgro se réjouit aussi d’un intérêt renouvelé pour le poisson issu de la pêche belge. « Les consommateurs recherchent de plus en plus de transparence sur l’origine de leurs aliments, et cela vaut pour le poisson. Les pêcheurs belges en profitent car les captures locales sont considérées comme plus fraîches et plus respectueuses de l’environnement. C’est certainement un critère pour beaucoup de nos membres et clients », assure Maarten du Bois, son président.
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