En Wallonie, un premier chantier pour la Wolf Fencing Team
Pour aider les éleveurs à se protéger du loup, la Wolf Fencing Team accueille et forme des bénévoles à l’installation professionnelle de clôtures électrifiées.
« Quand j’étais petite, la ferme c’était mon endroit préféré. C’était une ferme à l’ancienne, j’y restais des semaines, des mois, et je demandais toujours à y retourner. C’était la vraie vie ». Une vingtaine d’années plus tard, Sophie Clesse a retrouvé sa madeleine de Proust. Elle est aujourd’hui responsable du premier chantier de la Wolf Fencing Team en Wallonie, à Bullange, une semaine pour retaper et électrifier un kilomètre de clôtures. Le propriétaire du terrain, un éleveur pensionné ayant conservé une vingtaine de bovins, a subi l’année passée une attaque de loup dispersant sur deux de ses veaux.
Si la formule de la Wolf Fencing Team est nouvelle sur le territoire francophone, elle a su faire ses preuves en Flandre, où elle est implantée depuis cinq ans pour répondre à la menace de la meute du Limbourg. La structure, financée par le WWF, accueille et forme des bénévoles à l’installation professionnelle de clôtures électrifiées. « On a réalisé une centaine de chantiers et aucune attaque n’a été signalée sur les troupeaux protégés », explique Dirk Hoobergs de la Wolf Fencing Team flamande. Celui-ci est venu prêter main-forte à Sophie Clesse pour son premier chantier en tant que responsable. Après s’être formée pendant cinq ans auprès de ses collègues néerlandophones, elle est aujourd’hui chargée du développement du groupe côté wallon. Concrètement, la Wolf Fencing Team vient compléter les subventions du Réseau Loup pour la mise en place pratique des moyens de protection durable.
Le but, c'est d'aider les éleveurs
« Le but, c’est d’aider les éleveurs pour faire en sorte qu’ils vivent la transition de la manière la plus apaisée possible », déclare Sophie Clesse, le souffle court. Alors qu’elle tente de creuser des trous suffisamment profonds pour tenir les piquets de bois qui remplaceront l’ancienne clôture, trop usée, une veine rocheuse rend la tâche beaucoup plus ardue que prévu. Hier, elle a passé la journée sous la pluie à débroussailler les clôtures. Parfois, lorsqu’elle rentre chez elle le soir, ses mains tremblent du travail effectué la journée. Avec les le retard qui commence à s’accumuler, elle anticipe déjà un chantier beaucoup plus long qu’annoncé.
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