Au rayon des espèces animales venues de (très) loin, introduites par l’homme et qui se développent en Europe à une vitesse fulgurante, il y en a une qui fait couler pas mal de litres d’insecticide. Je veux parler du frelon asiatique à pattes jaunes (FAPJ). Citer son nom complet permet de le distinguer d’autres espèces, l’Asie étant le berceau naturel d’un grand nombre d’espèces de frelons.

Suite à une colonisation fulgurante depuis la France à partir de 2005, cet insecte fait son entrée en Belgique en 2012. On commence à le remarquer un peu partout en Wallonie et la destruction des nids est initiée dès 2016. Malgré cette lutte débutée très tôt, le territoire wallon déborde assez vite de nids. En 2023, décision est prise de ne plus éliminer que ceux qui présentent un risque pour la santé publique ou trop proches d’un rucher. Un premier pas vers une prise de conscience : l’éradication est devenue un objectif hors d’atteinte. Deux acteurs sont à l’œuvre : les apiculteurs encadrés par les cercles apicoles pour la détection et la neutralisation des nids au moyen de pyréthrinoïde de synthèse (ou de poudre de diatomée lorsque des eaux de surface sont à proximité) et le Centre wallon de recherche agronomique (CRA-W), chargé quant à lui de former aux techniques de neutralisation et à la recherche sur la sélectivité des pièges.