Flora Kocovski, vous dirigez W.Alter, la banque publique qui finance l’économie sociale en Wallonie. Certain·es associent encore celle-ci à la croissance zéro ou la sobriété. Que leur répondez-vous ?

L’économie sociale n’est pas une vue de l’esprit : elle est définie par des cadres clairs, en Wallonie depuis 2008, mais aussi à l’échelle internationale, par l’Organisme international du travail et l’ONU. Ses principes reposent sur des critères éthiques précis. Ce n’est ni la croissance zéro ni un simple « impact ». Quant à la sobriété, elle y est intégrée naturellement, mais elle deviendra de toute façon incontournable pour toutes les entreprises.

Dans le film Don’t Look Up, une comète menace la planète, mais le déni l’emporte, porté par les intérêts du marché. Est-ce que l’économie sociale peut, elle, apporter une réponse aux urgences actuelles ?

Absolument. L’économie, au fond, c’est répondre collectivement à des besoins en mobilisant des ressources. L’économie sociale fait la même chose, mais de façon plus raisonnée et la moins destructrice possible. Elle repose sur des règles claires en matière de gouvernance et de partage des richesses pour garantir que la finalité reste au centre. Et cette finalité, ce n’est pas le profit, mais les enjeux sociaux, environnementaux et sociétaux.