« No Javel, c’est un cri de colère pour ne pas oublier qu’avant la fin de la TVA sur les invendus, certains supermarchés ne se gênaient pas pour balancer de l’eau de javel dans les poubelles pour rendre les produits impropres à la consommation », raconte Alice, responsable de projet.

A l’origine de l’initiative, en 2010, des jeunes Bruxellois·es faisaient les poubelles des supermarchés de nuit pour récupérer la nourriture encore consommable. Les quantités trouvées étaient telles que très vite, le groupe avait décidé d’en faire profiter leurs voisin·es à Schaerbeek, puis d’organiser des distributions au Carré de Moscou avec leur camionnette.

Quinze ans plus tard, constituée en ASBL, No Javel a pris une tout autre ampleur. Devenue une plateforme de dons alimentaires, l’association récupère 250.000 tonnes de denrées alimentaires par an pour venir en aide tous les mois à près de 1.000 foyers – 3.500 personnes – et une vingtaine d’organisations locales.

Au fil des années, l’activité s’est diversifiée : vide dressing, donnerie, espace d’accueil pour les enfants accompagnant leurs parents. Mais aussi des activités de cohésion sociale (bingo, karaoké, table d’hôte, marché de créateur·ices en décembre, ateliers de transformation, etc.), un projet potage et collation dans les écoles bruxelloises, la récupération de matériel scolaire invendu pour une quarantaine d’associations de lutte contre la pauvreté infantile redistribué gratuitement. La liste est longue et en constante évolution. « Il n’y a rien qu’on fait qui n’a pas de sens. Si une initiative a été prise, c’est parce qu’il y en avait le besoin, la demande et l’énergie », constate Alice.