Le sujet revient de manière récurrente dans les médias, sans que cela améliore les conditions matérielles des livreurs de repas : leur statut. Deliveroo et Uber Eats, les deux principales plateformes de livraison actives en Belgique [1], continuent de refuser catégoriquement d’endosser leur rôle d’employeur et d’assumer les responsabilités qui en découlent. Si elles leur reconnaissaient un statut de travailleurs salariés, il faudrait leur donner des choses aussi encombrantes qu’un contrat de travail, un salaire, une couverture sociale et des droits. Et ça, c’est non.

Dans notre pays, ces plateformes sont parvenues à obtenir un agrément auprès du SPF Finances leur permettant d’entrer dans la grande famille de l’économie collaborative, un « ovni » en Europe. « C’est un système unique mais absurde, entame Martin Willems, responsable national de la CSC-United Freelancers, qui défend les droits des travailleurs indépendants. Il donne la possibilité d’effectuer des prestations sur une plateforme sans être ni salarié ni indépendant, à condition de ne pas dépasser 7.700 euros annuellement (indexé chaque année). Vous ne payez donc pas de cotisations sociales et ce montant est taxé séparément de tous les autres revenus à un taux forfaitaire de 10,7%, prélevé à la source. »