Business de la flemme ». Simple et efficace, cette formule désigne cette nouvelle économie liée à la prétendue fainéantise des citoyens et leur tendance à déléguer les tâches de la vie quotidienne, comme faire ses courses ou se préparer à manger. Popularisée par Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U (ex-Système U), acteur français de la grande distribution, cette expression est reprise dans l’espace social avec une insoutenable légèreté.

« Des enfants gâtés, qui n’envisagent plus de descendre à l’épicerie ou de marcher cinq minutes pour aller manger un morceau. Ils ont inventé une nouvelle sédentarité. »

« Paresse, impatience, manque de temps, agacement rapide, etc., les nouveaux défauts du consommateur moderne ne sont pas simples à contrecarrer pour les entreprises. »

Dans les médias, les consommateur·ices en prennent généralement pour leur grade, alors que cette pseudo-oisiveté est précisément une aubaine pour les profiteurs de flemme. Loin de subir le comportement flemmard des client·es, ils surfent sur un argument marketing efficace. Dans une interview de mars dernier, le PDG de Casino, autre géant de la grande distribution alimentaire, Philippe Palazzi, dit « croire fermement au business de la flemme ».