« En Palestine, cultiver, c’est résister »
À Hébron, région vallonnée du sud de la Cisjordanie, la résistance civile à l’occupant israélien a le goût du raisin. Face à une armée et des colons de plus en plus cruels et violents, une poignée de paysans ont monté une coopérative, Al Sanabel, pour transformer une partie de leur raisin de table en jus. De quoi tirer un revenu décent de leur travail. Et survivre.
L’optimisme de sa volonté se reflète dans ses yeux clairs et riants. Raed Abu Yussef a le verbe haut et manie l’ironie dans un français parfaitement maîtrisé. Fils et petit-fils de producteurs de raisin palestiniens, il a poussé son premier cri en Cisjordanie, là où se mène l’autre guerre d’Israël.
Harcèlement, restriction de circulation, saccages de pieds de vigne sont le triste lot quotidien de ce cultivateur de raisin. Et il n’est pas le seul (voir encadré). Ces attaques, qui ne sont pas nées avec le 7 octobre mais qui ont explosé depuis, menacent non seulement les récoltes, mais aussi la souveraineté alimentaire du peuple palestinien.
De passage en Belgique, à l’invitation de la Coordination namuroise belgo-palestinienne et de la coopérative Paysans-Artisans, celui qui est aussi président de la coopérative Al Sanabel nous a raconté le quotidien de ses compatriotes dans ce petit coin de Palestine, terre de vignes depuis quatre mille ans.
Raed Abu Yussef, dans quel contexte avez-vous cofondé la coopérative Al Sanabel ?
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