Ce matin de mi-février, l’épais brouillard humide chargé de gouttelettes d’eau avait, comme à l’accoutumée aux aurores, recouvert la totalité des deux collines. Sur l’une d’entre elles, ne percent que les couleurs ardentes des habits de Michal Mos, biologiste d’origine polonaise, et les silhouettes flashy des agents du service Environnement du gouvernement insulaire, agrippés à la pente trempée. Recroquevillés au-dessus des plants de hayas, les mains dans l’humus, tous s’attellent, après deux premières sessions en janvier, à la plantation d’une forêt d’essence autochtone.

Pour en arriver là, Michal Mos a dû longtemps patienter. Quatre longues années. C’est dire si, ce matin-là, sur son île adoptive d’El Hierro, bouillonnant d’idées nouvelles, il pense être arrivé au bout de ses surprises. C’était sans compter sur le chef de l’équipe Environnement. « Il venait de débarquer, et il m’a demandé, étonné : » Je ne comprends pas ! Pourquoi ne plantez-vous pas des arbres fruitiers plutôt qu’une forêt ? » », nous rapporte le biologiste, mi-amusé, mi-incrédule.