Début mars, un avocat collaborant avec la Ligue royale belge pour la protection des oiseaux m’informe que le Parlement wallon vient d’adopter un décret facilitant les tirs de corvidés. Plusieurs questions me viennent rapidement à l’esprit : pourquoi les tuer ? Est-ce réellement efficace et utile ? Comment se fait-il que des espèces comme la corneille noire et le corbeau freux soient abattues alors qu’elles sont protégées par la législation belge ?

Mon enquête avait commencé quelques semaines plus tôt lorsque je m’étais interrogé sur les raisons de l’augmentation des dégâts attribués aux corvidés dans l’agriculture wallonne. Après quelques rencontres, j’ai rapidement réalisé à quel point les agriculteurs et agricultrices pouvaient se sentir démunis face aux déprédations causées par ces grands oiseaux sur leurs cultures. Comme cet agriculteur hennuyer qui m’expliquait avoir perdu plusieurs milliers d’euros en raison des pillages de corneilles.

Tués pour rien : le paradoxe des corvidés
Enquête Biodiversité
Tués pour rien : le paradoxe des corvidés
Corvidés corneilles corbeaux s'envolant d'un champ.