Margot Le Fur, vous êtes chargée de projet au sein de l’association française Pleine Mer, qui milite pour la préservation de la pêche artisanale. Pourquoi est-il si crucial de lutter contre l’industrialisation du secteur de la pêche ?

D’abord, historiquement et culturellement, en France, on a toujours eu des petits pêcheurs artisans. Ils font partie du patrimoine. Cela nous semble extrêmement important de préserver leurs savoir-faire. Ensuite, d’un point de vue environnemental, social et économique, la pêche durable est largement plus bénéfique.

Quand vous parlez de pêche durable, vous voulez dire la pêche artisanale ?

On préfère parler de pêche durable plutôt qu’artisanale parce que personne n’est d’accord sur la définition de la pêche artisanale. Alors que, pour nous, la pêche durable, c’est clair : c’est une pêche qui est respectueuse des hommes et des femmes qui la pratiquent, de l’environnement marin, et qui entraîne des répercussions économiques positives sur un territoire. D’un point de vue social, la pêche durable emploie beaucoup plus de personnes que la pêche industrielle par quantité de poissons. D’un point de vue économique, elle fait vivre le littoral parce que ce sont souvent des bateaux qui partent à la journée ou tous les deux jours et qui sont implantés localement. Ils approvisionnent les commerçants, les restaurateurs, ont parfois un stand de vente en direct… Et puis, d’un point de vue environnemental, c’est la pêche qui a le moins d’impact négatif sur les écosystèmes.