Le constat d’Hélène Gérard, ancienne éleveuse et vétérinaire devenue conseillère au SPF Santé publique, est sans appel : « Les maladies vectorielles sont amenées à exploser dans le futur, y compris certaines qui ne se sont jamais déclarées dans nos territoires ». 

Fièvre catarrhale ovine (FCO), maladie hémorragique épizootique (MHE) et maintenant dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ont envahi les troupeaux européens depuis les dernières années, tandis que la Belgique surveille de près la progression de la peste des petits ruminants ou la clavelée dans les Balkans. En 2025, des foyers de fièvre aphteuse (autre maladie de catégorie A imposant le même protocole que la DNC) ont été déclarés en Allemagne, Hongrie et Slovaquie, avant que ces pays ne retrouvent leur statut indemne.

Toutes ces maladies sont provoquées par des parasites, virus ou bactéries qui transitent par un « vecteur » vivant. Par exemple, dans le cas de la DNC, des insectes qui se nourrissent de sang (taons, moustiques, etc.). Les raisons de leur multiplication dans nos régions sont multiples : le rôle du réchauffement climatique est souvent évoqué, mais le phénomène est surtout dû aux flux internationaux croissants d’animaux et d’humains, caractéristiques d’une économie mondialisée. 

« Ces flux accélèrent la propagation des maladies partout dans le monde. Lorsque j’exerçais comme vétérinaire, j’ai vu de nombreux cas de contamination apparaître dans des élevages après l’achat d’un animal», soupire Hélène Gérard, qui considère la limitation des importations d’animaux vivants comme le premier moyen de prévention.