Qui sait dans quelles zones pêchent les navires belges, comment fonctionne un chalut à perche, avec quels impacts ? Avant d’entamer cette enquête, j’avais entendu parler des dégâts de la pêche de fond en général, mais je n’avais jamais réalisé que la Belgique avait fait de ce type de pêche sa spécialité. J’ignorais tout des questionnements qu’il génère spécifiquement depuis notre territoire.

Peut-être parce que je suis francophone ? Pas forcément : même en Flandre, les gens connaissent mal la pêche et le débat public à son sujet est quasi absent, d’après une association locale comme Climaxi. À ma surprise, j’ai de fait trouvé relativement peu d’articles approfondis sur le sujet dans la presse flamande. La population belge s’intéresse aux quantités de soles et de crevettes pêchées, à leur prix, à leur goût. Beaucoup moins à la manière dont elles sont extraites de leur milieu naturel, aux multiples effets de ces prélèvements et aux acteurs et actrices qui en profitent le plus.

Il faut dire que le secteur est minuscule. Un microcosme, à l’image de la Belgique. Noyé sous des règles venues de tous les niveaux de pouvoir, discret sur la scène internationale, et néanmoins pleinement immergé dans le grand bain planétaire de la marchandisation de la vie sauvage. Sa chance, c’est que pêcheurs, scientifiques et associations environnementales y sont en contact un peu plus étroit qu’ailleurs. Alors que plus personne ne peut fermer les yeux face à la raréfaction des ressources dont les navires dépendent, un dialogue s’est entamé. À charge pour l’ensemble de la société de s’en mêler !

Pêche : comment le « flyshoot » pille la mer du Nord
Enquête Biodiversité
Pêche : comment le « flyshoot » pille la mer du Nord
Image d'une senne démersale ou flyshooter en mer.