Printemps 2026. Il n’est pas encore midi et pourtant le soleil brûle déjà. Installés au milieu de la cour de leur ferme, Jérôme Debruxelles et Frédéric Bronne ne décolèrent pas. La veille, ils ont assisté à une réunion de l’Afsca à Bruxelles. L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire y présentait les résultats d’une action ciblée menée en 2025 auprès de maraîchèr·es belges situé·es dans des zones potentiellement polluées au cadmium. 12 légumes prélevés sur 48 (25%) contiennent des teneurs en cadmium supérieures aux normes européennes. La majorité de ces dépassements ont été constatés en région liégeoise et dans le Pays de Herve.

Ce jour-là, le Service public de Wallonie (SPW) dévoile aussi qu’en Wallonie, 48.000 hectares pourraient être touchés par cette pollution, soit près de 7% de la surface agricole utile. Jérôme et Frédéric sortent désemparés de cette réunion. Selon l’Afsca, les maraîchèr·es sont responsables, « à l’instar de tous les autres opérateurs de la chaîne alimentaire, de la sécurité des produits qu’ils commercialisent. Ils doivent donc intégrer les risques liés à une éventuelle contamination environnementale de leurs sols dans leur système d’autocontrôle ».