Fanny Métrat, vous êtes devenue l’une des trois porte-parole de la Confédération paysanne. Votre comité national est actuellement composé à 50% de femmes et à 50% de jeunes. Qu’est-ce que ça change ?

On sent que le côté éducation populaire a vraiment pris le dessus depuis quelques années, et qu’il y a une nouvelle façon de militer au sein du syndicat. Nous, on aimerait bien sortir de cette histoire de leadership et de personnification, mais c’est malheureusement hyper compliqué. Les citoyens et la presse ont besoin d’une héroïne, d’un héros. C’est fou comme on est sorti·es d’un système plutôt pyramidal, très patriarcal, qui était aussi le reflet de ce qui se passait dans les campagnes.

Longtemps, les femmes agricultrices ont en effet été chargées du travail invisible et peu valorisé dans les fermes. Et elles n’étaient que très rarement représentées dans les organisations professionnelles agricoles…

Oui, tout à fait. Mais je dois dire que c’est vraiment en bonne voie au sein de notre syndicat. Grâce à une nouvelle dynamique, aujourd’hui, dans les réunions, on sait qu’on ne prend pas la parole n’importe comment, ou qu’il est possible de vivre des moments d’émotion et d’écoute quand la situation est trop difficile. Il y a un truc qui a changé. Il faut dire que les femmes qui y sont, ce sont des jeunes qui savent où elles veulent aller. Elles ne sont pas juste là pour cocher la case « parité » et ont souvent un vécu féministe militant. Du coup, ça envoie !