C’est par une belle après-midi de printemps, dans le cadre enchanteur de l’Abbaye de Floreffe, qu’a eu lieu le Festival de l’agriculture sociale. Cette journée a été l’occasion de célébrer et de valoriser la quinzaine de projets wallons d’accueil social à la ferme. Concrètement, ils consistent à mettre en relation des agricultrices et des agriculteurs avec des personnes fragilisées par la vie. Les fermes ouvrent leurs portes aux accueillis qui sont invités à participer aux tâches du quotidien (semer, planter, arroser, récolter les fruits et les légumes, nourrir et traire les animaux, étiqueter les produits laitiers, emballer le beurre ou encore aider à préparer le repas). 

L’agriculture sociale s’adresse à toute personne en souffrance, malade sur le plan mental, présentant des assuétudes ou tout simplement à la recherche de bien-être. Le principe est que l’échange soit donnant-donnant : la personne accueillie donne de son temps, de son énergie et de sa force de travail (sans contrainte), en échange de quoi les agriculteurs transmettent leurs savoirs, offrent de l’attention, de la reconnaissance pour le travail accompli et l’opportunité d’être en contact avec le vivant sous toutes ses formes. 

« Beaucoup de patients me rapportent qu’ils se sentent bien quand ils sont avec leur chien ou leur chat car avec eux, il n’y a pas de vilénie ou de double discours comme cela peut être le cas entre êtres humains, explique le docteur Renaud Jammaer, psychiatre et responsable du service de placement familial au Centre Hospitalier Spécialisé « L’Accueil » (CHSA) de Lierneux, dans la province de Liège. Il y a une simplicité qui permet de se sentir pleinement soi, sans être jugé. De la même manière, le contact avec la terre et les animaux de la ferme n’est pas comme celui qui existe avec les humains où il peut y avoir des reproches, des critiques, du danger. » 

Sur le plan de la santé physique des accueillis aussi, des effets notables s’observent : ils font beaucoup plus d’exercice, se musclent et améliorent leur condition physique. Le corps et la tête étant occupés, les comportements compulsifs et d’addiction peuvent diminuer, ce qui permet dans certains cas de réduire les traitements médicamenteux. « D’autre part, le fait de contribuer à produire les aliments qu’ils mangent les rend fiers d’eux-mêmes », ajoute le psychiatre.