En Égypte, à 11 ans, Mariam cueille pour le marché européen
En Égypte, des milliers d’enfants travaillent dans les champs pour quelques livres par jour. Mariam, 11 ans, en fait partie. Nourri par l’extension des terres agricoles dans le désert, un fléau social au service des exportations agricoles vers l’Europe.
Chaque jour, à 3 heures du matin, Mariam, 11 ans, est réveillée par la voix de sa mère, qui la presse de se lever et de s’habiller. La jeune fille ouvre les yeux, lasse après une nuit de sommeil trop courte. Elle doit se dépêcher si elle ne veut pas perdre sa journée de travail. Rapidement, toutes les deux se préparent, avant d’embarquer dans deux camions distincts qui les emmènent vers les fermes désertiques situées en bordure du village Taha al-Ameda, dans le gouvernorat de Minya, situé à 260 kilomètres au sud du Caire.
Dans le camion, Mariam est assise avec une vingtaine d’autres jeunes filles et enfants. Elle est en route vers un champ, pour y passer la journée à récolter des oignons, tandis que, de son côté, Samira Ahmed, sa mère, 36 ans, moissonnera le blé avec d’autres femmes. « Ne t’assois pas sur la porte extérieure, tiens-toi à tes amies, reste au milieu du camion », a ordonné celle-ci à sa fille avant de se séparer.
Selon les chiffres officiels de l’Agence centrale de la mobilisation publique et des statistiques (CAPMAS) publiés en 20191, Mariam fait partie de plus de 1,8 million d’enfants âgés de 6 à 16 ans qui travaillent en Égypte, dont 1,15 million dans le secteur agricole. Mais selon certains chercheurs et associations, ce nombre dépasserait les 3 millions dans ce secteur2.
« Ces chiffres officiels sont inexacts, car ils excluent d’importants secteurs non visibles du travail des enfants, observe Abdel Mawla Ismail, président de l’Association égyptienne pour les droits collectifs. Ils ne reflètent pas fidèlement le nombre d’enfants qui travaillent dans les zones rurales, allant jusqu’à nier l’existence même de ce phénomène. »
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