Il existe une certaine forme d’indulgence à l’égard du monde agricole, qui persiste encore aujourd’hui. Et elle interpelle quand on la compare à l’attitude de la police lors d’autres manifestations. Singulièrement celle des enseignant·es belges au début du mois de juin 2026, rassemblé·es à Bruxelles pour se dresser contre la réforme de l’enseignement du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les mesures prévoyaient une hausse de la charge de travail, un statut modifié, mais aussi une augmentation des minervals pour les étudiant·es. Les manifestations sont alors violemment réprimées.

« Selon de nombreux témoignages et les images largement diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux, les forces de l’ordre ont eu recours à des canons à eau, au gaz lacrymogène et à des coups de matraque pour disperser les manifestant·es. Le recours à la technique de la nasse a également été constaté et des violences à l’encontre de mineur·es ont été commises », s’inquiétait notamment la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH)1.

Manifestations agricoles. Histoire d’une tolérance policière
Décryptage Droits humains
Manifestations agricoles. Histoire d’une tolérance policière
Manifestations agricoles. Histoire d’une tolérance policière

Qu’est-ce qui explique la différence de traitement entre celles-ci et les manifestations d’agriculteurs de 2024 ? Rappelons que la Gestion négociée de l’espace public (GNEP) est censée être en vigueur et qu’il s’agit dans les deux cas de manifestations professionnelles.

Le collectif Mars Attacks ! a notamment été à la manœuvre, aux côtés des syndicats. « Or, ce sont les organisations syndicales qui sont vues comme responsables : leur rôle est de pacifier la protestation, mais aussi de faire le lien avec la police. Ici, comme c’était un jeune collectif, les policiers n’avaient pas l’habitude de dialoguer et de négocier avec », rappelle Elie Teicher.