Et si on cadenassait l’agrivoltaïsme ?
Des panneaux solaires bourgeonnent un peu partout sur des territoires agricoles en France, en Italie, en Allemagne. Autant de pays qui voient l’opportunité de verdir leur « mix énergétique » à bas coût. Mais les conséquences sur le prix du foncier et la production alimentaire inquiètent des agriculteurs. En Belgique une circulaire cadenasse, pour l’instant, ce phénomène. Pour combien de temps ?
Impossible de le louper. En roulant sur l’E411, au sud de Namur, la présence massive du champ de panneaux photovoltaïques attire les regards. Cette étendue de plus de 15.000 panneaux totalement opérationnels depuis octobre 2023 est, en Belgique, unique en son genre. Il s’agit de la première tentative significative « d’agrivoltaïsme », du nom de ces projets alliant agriculture et production d’énergie solaire.
Cet article a été publié dans un numéro spécial consacré aux élections en 2024 (communales, provinciales, régionales, fédérales et européennes). Nous y abordions, sans prétendre à l’exhaustivité, une série de chantiers concrets dont le monde politique aurait pu s’emparer.
Côté agricole, Ether Energy, le promoteur belge du projet, recense la présence de 200 moutons destinés à une consommation de viande locale, en circuit court, et annonce la production de trois tonnes de miel. Côté énergie, la start-up belge vante une production d’électricité verte équivalant à la consommation de 3.000 foyers.
Aux yeux des promoteurs du projet, un tel champ concilie transition énergétique et transition agricole, grâce à des élevages extensifs. Bref, avec l’agrivoltaïsme on aurait enfin trouvé la clé magique des enjeux planétaires, en mariant indépendance énergétique et production alimentaire locale.
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