Antonio Hernandez Guerra est un homme pressé. À peine entré dans sa vaste bananeraie, le temps de montrer un pied mère et ses rejets, et de vanter ses fruits « soignés et beaux », ce septuagénaire en chemise blanche et pull sans manches couleur crème est déjà reparti à bord de son imposant 4x4. Il a d’autres obligations. Son activité d’agriculteur, tel qu’il se présente, n’est qu’une casquette parmi d’autres sur l’île de Gran Canaria, deuxième de l’archipel des Canaries. « Don Antonio », comme l’appellent ses employés, est aussi avocat fiscaliste, actuaire en assurance et patron d’une agence immobilière prospère.

« Je suis un cas un peu particulier », concède l’entrepreneur, non sans fierté. Trente employés travaillent dans sa prospère bananeraie en agriculture conventionnelle de la commune de Bañaderos au nord de l’île, réputée pour abriter surtout des petits producteurs. « J’ai même deux maçons, ce n’est pas commun, car il y a toujours des vieux murs ou des routes à arranger », s’amuse l’homme d’affaires.