Marlène Feyereisen1, si vous deviez expliquer la pensée complexe à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler, comment la définiriez-vous ?

Avant même de parler de pensée complexe, j’aime d’abord préciser ce que j’entends par enjeux complexes. C’est toujours dans ce cadre-là que je parle de pensée complexe, notamment à propos des grands défis socio-environnementaux. Pour clarifier, je les définis en quatre dimensions principales.

Quelles sont ces quatre dimensions qui caractérisent, selon vous, un enjeu complexe ?

D’abord, planétaire : biodiversité, climat, nucléaire… ces enjeux traversent les frontières et obligent à penser l’action publique à une échelle mondiale. Ensuite, l’incertitude : le problème est réel, mais on n’a pas toutes les réponses scientifiques. Il faut donc décider malgré ces zones d’ombre, en s’appuyant aussi sur l’éthique, la justice et le politique. Troisième, le temps long : les choix d’aujourd’hui auront des effets bien au-delà de nos vies et des cycles électoraux. Enfin, la dimension sociale : ces crises touchent d’abord ceux qui y ont le moins contribué.