Et si on rendait les cantines scolaires gratuites et de qualité ?
Offrir des repas scolaires gratuits et qualitatifs aux enfants est un puissant moyen de faire évoluer l’ensemble de la société vers une alimentation plus durable. Et de lutter contre les inégalités scolaires engendrées par les inégalités sociales. Mais cette mesure est-elle prioritaire, payable et généralisable à l’ensemble de l’enseignement fondamental en Fédération Wallonie-Bruxelles ? La réponse est politique.
C’est une petite fierté qui se voit sur son visage : Christian Joly, chef d’une équipe de cantiniers, a le sourire quand il parle de son métier. « Quelque part, on aide les enfants à grandir », lâche celui qui est à la tête de la cuisine centrale de Grâce-Hollogne (Liège). Chaque jour, il mitonne environ 500 repas chauds envoyés dans les huit écoles (cinq communales et trois du réseau libre) de la commune. Soit deux fois plus qu’il y a dix ans. Il faut dire que depuis son arrivée, il y a eu du changement derrière les fourneaux.
Cet article a été publié dans un numéro spécial consacré aux élections en 2024 (communales, provinciales, régionales, fédérales et européennes). Nous y abordions, sans prétendre à l’exhaustivité, une série de chantiers concrets dont le monde politique aurait pu s’emparer.
« Quand on a engagé Christian, l’idée était de renouveler la philosophie de la cuisine, rappelle Virginie Polis, cheffe du Service de l’Enseignement de la commune. À l’époque, on utilisait des sauces et des soupes industrielles, des ingrédients prêts à l’emploi, très salés et sucrés, des légumes surgelés, etc. » Depuis, le chef cuistot s’est mis à dénicher des producteurs locaux, bio quand c’était possible, pour s’approvisionner. « Il y a dix ans, on n’en trouvait pas autant qu’aujourd’hui. Ce n’était pas évident, mais je ne me suis pas découragé : ça faisait partie du challenge », lance Christian, la voix pleine de malice.
Si, à Grâce-Hollogne, les enfants vont plus souvent manger à la cantine, c’est aussi parce que les prix sont relativement abordables : 2,25€ en maternelle et 2,50€ en primaire, pour une soupe, un plat et un dessert. « Avec ça, on couvre à peine les coûts de la marchandise. La commune prend le reste à sa charge : les frais de personnel, l’investissement dans le matériel, les charges liées à l’énergie. Il y a aussi un mécanisme social pour les familles en difficulté financière », relate Christian. « Si la commune intervient beaucoup, c’est parce qu’il y a une volonté politique d’offrir des repas sains aux enfants », abonde Virginie Polis.
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