Sous la phrase de Jean Hindriks, deux graphiques dont même des élèves de cinquième primaire pourraient comprendre la direction. Le message limpide : un trou pareil, ça va être compliqué de le combler.

En réalité, le plus frappant, ce n’est pas le constat. Personne ne conteste aujourd’hui l’état des finances de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il ne s'agit pas de nier cette réalité mathématique, qui menace à terme sa capacité à fonctionner. Ni, non plus, la difficulté technique de la refinancer.

Non. Le plus frappant, c’est le réflexe en cours depuis plusieurs mois : faire du déficit le point de départ de la discussion. Et aussi son point d’arrivée. Comme si un indicateur financier pouvait, à lui seul, dicter un agenda politique. Comme si gouverner c'était seulement chercher du blé.

Le début du XXIe siècle nous a pourtant appris les limites de ce genre de raisonnement. À force de regarder un problème à travers un seul prisme – le PIB, le déficit, etc. –, on finit par ne plus voir tout ce qu’il laisse hors champ : le franchissement de plusieurs limites planétaires, l’aggravation des inégalités sociales, etc.

Médias et journalisme : « Raconter la complexité, c’est nécessaire »
Entretien Médias
Médias et journalisme : « Raconter la complexité, c’est nécessaire »
Plan américain de Marlène Feyereisen, dans une des serres du jardin botanique de Liège.