Les enjeux actuels de la filière laine wallonne partent d’un constat clair, que résume ainsi Nicolas Marchal, chargé de mission ovin-caprin au Collège des Producteurs : « Jusqu’en 2020, l’export de la laine vers les pays asiatiques était la norme chez les éleveurs, même s’ils perdaient 15 à 30 centimes de valeur au kilo par an, du fait de la situation de monopole et de la concurrence internationale. En 2015, on pouvait vendre de la laine brute à 1,10€ le kilo. Cinq ans plus tard, plus personne ne l’achetait et elle était devenue un vrai déchet. ».

Une évolution difficile à digérer, d’autant que le Collège des Producteurs rappelle qu’il y a encore cent ans, la laine était la seule raison de l’élevage ovin en Wallonie. « Depuis 2020, nous sommes dans un cercle vicieux : la valeur économique et symbolique de la laine est au plus bas, donc les éleveurs y portent moins d’attention, la qualité baisse, ce qui fait encore chuter sa valeur, et ainsi de suite… On doit absolument briser ce cercle », alerte Nicolas Marchal.

Le défi, soit relancer la filière de la laine locale, est de taille. C’est la mission de Pauline Gillet, cheffe de projets chez Valbiom, ASBL subventionnée par la Région wallonne pour accompagner le développement de filières biosourcées, dont celle de la laine. En 2023, l’association a mené sa première étude sur cette matière, dans le cadre du Plan de relance de la Wallonie. D’après cette recherche, près de 67% de la laine n’est pas valorisée. Par ailleurs, la législation européenne considère la laine comme un sous-produit animal de catégorie 3. « Comme le sang, les brisures d’œuf, les os… Et c’est dommage », soupire Pauline Gillet.

« L’artisanat ne suffira pas à écouler la laine »