Lorsqu’Estelle1 termine sa journée de cours dans une Haute École, elle se prépare à démarrer une deuxième journée. Direction le centre-ville de Bruxelles où elle est, en plus de ses études en communication, serveuse dans un bar : cinq heures en moyenne, trois « shifts » par semaine, souvent un soir et le week-end. Elle gère un carré de tables, prend les commandes, encaisse une clientèle en grande majorité touristique. « C’est physique de porter des plateaux remplis de verres, de monter et descendre les escaliers, de rester debout toute la soirée », raconte-t-elle des débuts qui l’ont laissée courbaturée. Elle s’y est faite depuis.

Sa situation est loin d’être isolée. La part des étudiant·es qui travaillent à côté de leurs études a explosé : +58 % entre 2017 et 2024, selon le Bureau fédéral du Plan2. En dix ans, le nombre de jobs étudiants dans le secteur de l’Horeca a presque triplé, passant de 79.654 en 2013 à 215.813 en 2024, selon une étude du centre Horeca Forma Be Pro3 basée sur les données de l’ONSS.