« Les corvidés garantissent le maintien sanitaire de notre environnement »
Véronique Bialoskorski est présidente de LADeL, une association française de protection des corvidés. Depuis plusieurs années, son organisation collabore avec les acteurs du monde agricole afin de trouver des solutions visant à réduire les dégâts causés par les corbeaux et corneilles sur les cultures. Pour Tchak, elle revient sur les moyens de faire cohabiter corvidés et agriculteurs.
Véronique Bialoskorski, pourquoi faut-il rétablir un paysage plus hétérogène ?
Pour les corvidés, la présence d’arbres et de haies complexifie l’accès aux parcelles, car ces animaux préfèrent les milieux ouverts. Plus on a de grandes étendues découvertes, plus la parcelle est attractive pour eux. De plus, les arbres et les haies sont de grands végétaux qui favorisent la présence de prédateurs potentiels comme les rapaces ou les renards, lesquels s’attaquent aux juvéniles des corneilles et corbeaux.
Quelles sont les techniques que vous utilisez pour faire face aux dégâts ?
Tout d’abord, il est important de laisser un laps de temps entre le moment où on retourne la terre et le moment où on réalise le semis. Lorsque la terre vient d’être retournée, les ressources, comme les larves et autres insectes, sont mises en évidence et attirent les corvidés. Si vous réalisez le semis juste après le travail de la terre, les oiseaux trouveront donc les graines en même temps que les larves, et c’est la catastrophe. Ensuite, il faut idéalement enfouir le semis plus profondément pour que les graines soient moins faciles à repérer [en agriculture conventionnelle, le semis est enfoui entre 3 et 4 centimètres sous terre, NDLR]. Semer plus profondément permet également de mieux protéger la plantule lorsqu’elle émerge, grâce à son enracinement. Après le semis, on peut réaliser un hersage perpendiculaire afin de perturber ces oiseaux qui repèrent aisément les lignes droites.
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