Dans sa ferme laitière de Neupré, au milieu de son troupeau d’une soixantaine de vaches, l’éleveuse Zoë Roger a suivi avec inquiétude la progression de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans les élevages du sud de la France. Cette maladie vectorielle non transmissible à l’homme, apparue pour la première fois en Italie en juin 2025, est responsable de fièvres et de lésions internes et externes sur les bovins infectés. 

Pour endiguer la maladie, la législation européenne impose une mesure radicale : le dépeuplement, soit la mise à mort sur place (et non en abattoir) de l’entièreté du foyer. Depuis le 29 juin 2025, 3.300 bovins ont ainsi été tués en France, soit 0,02 % du cheptel national de seize millions d’animaux. Un tout petit pourcentage, mais une onde de choc qui, sur fond de signature entre l’Union européenne et le Mercosur, a plongé le pays dans un climat d’extrême tension, avec manifestations, blocages et affrontements entre agriculteur·ices et forces de l’ordre. 

« Ce qui m’inquiète, c’est que cela pourrait nous arriver en Belgique, s’émeut Zoë Roger. Or, le dépeuplement, c’est extrêmement violent : c’est faire fi de la relation d’un ou d’une éleveuse avec son troupeau. C’est mettre en péril le travail — et parfois toute la vie — d’un agriculteur. C’est nous condamner.»

Léonard Théron, vétérinaire et vice-président de l’Union professionnelle vétérinaire, revient sur la loi de santé animale européenne qui classe la DNC comme maladie de catégorie A : « Les pathologies qui y sont répertoriées se distinguent par une grande sévérité et une grande contagiosité. Leur présence sur le territoire met le cheptel national en danger à court et moyen termes.»