Poulaillers industriels : voici pourquoi les projets se multiplient en Wallonie
Les projets de poulaillers industriels se multiplient en Wallonie. Notre dossier décrypte les raisons de cette ruée vers le poulet, entre appétit de l'agro-industrie flamande, quête de revenus plus stables pour les éleveur·euses et règles plus souples au sud du pays.
Harsin, Gésimont, Couvin, Clavier. La liste est longue et non exhaustive. Elle recense quelques-unes des communes qui verront apparaître de nouveaux poulaillers aux tailles conséquentes, dont la production devrait finir dans des assiettes ou des sandwiches. « Les demandes de permis se multiplient depuis 2024 », constate Geoffroy Migraux, l’un des fondateurs d’Occupons le terrain, un réseau de collectifs et d’associations qui milite pour la préservation du territoire, le droit au logement, la biodiversité.
Les chiffres transmis par le Service public de Wallonie (SPW) sont sans équivoque. Ils confirment les dires du militant. Alors qu’en 2023, seules trois demandes de permis avaient été adressées aux autorités communales wallonnes pour l’ouverture de poulaillers pour poulets « de chair », donc destinés à la consommation de viande, on en comptabilise 48 en 2025, dont huit pour des poulaillers de « classe 1 », ceux qui rassemblent plus de 40.000 bêtes. « Et la tendance se confirme », précise le porte-parole du SPW. Parmi ces demandes de permis, seules trois concernaient des poulaillers « bio ». « Cette augmentation du nombre de demandes de permis correspond à des élevages industriels, car le nombre de bêtes est important, ajoute Geoffroy Mirgaux. Ce sont des poulets dont la durée de croissance est rapide : 42 jours. Et leur élevage aura lieu dans des bâtiments fermés. »
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