« Hello. Le soleil brille, brille, brille. » Quand on évoque le marchand de glace avec Virginie, la ritournelle lui revient en tête. Et nous voilà instantanément plongées dans une joie enfantine, portées par la bonne humeur du « tube » que des glaciers ambulants avaient repris en signature sonore de leurs passages. Mais très vite, ce souvenir de jingle laisse la place à tout autre chose.

« Je ne savais pas que ça existait encore, s’exclame Virginie. Quand je l’ai entendu, j’ai fait “Non, c’est pas vrai !” », explique cette maman de trois enfants qui vient de déménager de la ville à la campagne. Son ton est plus accablé que réjoui, tant elle est consciente des conséquences dans une vie où chaque dépense est comptée. « Ma fille m’a tout de suite dit : “Maman, t’as entendu ? C’est le marchand de glace”. Le marchand de glace, elle a dû en entendre parler par d’autres enfants du coin. En pleine ville, tu as des glaciers aussi, mais à des endroits déterminés. Tu peux choisir ton trajet pour les éviter. Maintenant, le non va devoir être plus récurrent… », appréhende-t-elle.

« Le plaisir de déguster une glace, c’est bien pour eux [les enfants] et pour moi aussi, continue Virginie. Ça va être compliqué ! En plus, c’est sûrement de la bonne glace. Tu sens la différence avec celle que tu achètes dans un supermarché. Nous, on ne sait plus profiter de l’artisanat. Pourtant, ça a beaucoup plus de goût. Mais en ville, les glaciers, c’est deux euros la boule. T’imagines : trois glaces avec deux boules… ! Jusqu’ici, on n’est pas encore allées à la camionnette. J’ai trouvé la bonne excuse qu’il ne faisait pas beau assez. »

Derrière le jingle d’un marchand ambulant