Elle a été lancée en mars 2023, quelques mois avant de se faire connaître à l’occasion de la Foire de Libramont. Depuis, l’ASBL House of Agroecology (HoA) est parvenue à réunir un ensemble bigarré d’acteurs et actrices de la chaîne alimentaire. Aperçu non exhaustif : des fermes en transition, les deux syndicats agricoles majoritaires du pays (la Fwa et le Boerenbond), des entreprises de transformation comme Graines de Curieux, Maison Dandoy ou Tartes Françoise, les distributeurs Carrefour, Colruyt, Delhaize et les magasins D’ici, ainsi que des organisations de conseil agricole engagées pour faire évoluer les pratiques comme Terres vivantes, Regenacterre et Greenotec, ou encore l’institut de recherche flamand Ilvo.

Émilie de Morteuil, principale tête pensante de cette plateforme qui dit avoir découvert l’agroécologie lors d’une conférence de Pablo Servigne il y a 10 ans, était conseillère en durabilité pour Colruyt lorsqu’elle s’est rendu compte « que l’agroécologie était mal comprise et qu’il était difficile de faire le lien entre tous les petits acteurs et les plus gros ». À côté de son boulot, la jeune trentenaire a alors commencé « à organiser des workshops avec ces acteurs puis, en 2022, une journée complète sur l’agroécologie. Elle a réuni près de 100 participants de tout le pays : des assoc’, des chercheurs, des patrons de grosses boîtes, etc. » À l’issue de la journée, elle a demandé à son audience si elle serait intéressée par une version belge de l’association française Pour une agriculture du vivant. « La moitié a dit oui », selon Émilie de Morteuil, et c’est ainsi qu’est née la House of Agroecology1.

Son ambition ? Devenir « un guichet central » pour tous les rouages du secteur alimentaire désireux de progresser sur la voie de l’agroécologie. La HoA se positionne comme « le tiers de confiance de la transition agricole et alimentaire en Belgique », et espère accélérer concrètement cette transition « en structurant des filières de produits agroécologiques », indique-t-elle sur son site web.

Un indice que tout ne se déroule pas comme prévu ? Parmi ses membres, ne figure aucune des 40 associations qui composent un autre mouvement créé autour de l’agroécologie : Agroecology in Action (AiA). Celui-ci existe depuis 2016 et met en réseau des structures comme le syndicat paysan Fugea, le Mouvement d’action paysanne, la fédération des coopératives du circuit court Collectif 5C, des mutuelles et quantité d’ONG comme Greenpeace, Natagora, Oxfam, Fian ou encore Terre-en-vue. Nulle trace non plus de l’alter ego flamand d’AiA, Voedsel Anders, de l’union des agriculteur·ices bio Unab ou de Biowallonie, de l’ASBL d’accompagnement aux pratiques agroécologiques Natagriwal, de Nature & Progrès, de centres de recherche spécialisés dans la transition du secteur agricole comme Sytra (UCLouvain), etc.