Été 2024. Lorsque Zoé Brusselmans regagne sa bergerie aux confins de Durbuy, à la clôture de la foire de Libramont, la jeune éleveuse de brebis laitières tombe des nues : son troupeau présente les symptômes de la fièvre catarrhale ovine sérotype 3 (FCO-3). Celle-là même qui s’apprête à ravager la Belgique francophone. « Je connaissais les dégâts causés par l’épidémie aux Pays-Bas, avec 25% de mortalité dans les élevages ovins, se souvient l’éleveuse. Quand j’ai vu mes brebis malades, je me suis dit : ça y est, c’est la catastrophe. »

En l’espace d’un mois, Zoé Brusselmans perd environ 15% de ses brebis. Et près de 8.000 euros, entre les factures de soins vétérinaires et les litres de lait jetés : « Ça veut dire 700 euros de salaire en moins par mois ». Pour une éleveuse installée depuis seulement deux ans, qui atteint à peine les 35.000 euros de chiffre d’affaires annuel, le gouffre est énorme.

Elle n’est pas la seule à s’effondrer. Nicolas Marchal, chargé de mission ovin-caprin au Collège des Producteurs, estime les pertes économiques pour le secteur ovin wallon à 7,7 millions d’euros et une mortalité de 17% sur l’ensemble du cheptel belge. « Nous étions pourtant témoins des ravages de la maladie aux Pays-Bas et en France, et la FCO-3 a été détectée pour la première fois sur le territoire en octobre 2023 : tout indiquait que la crise se déclencherait chez nous », déplore-t-il.

La dépendance aux firmes pharmaceutiques