Le 11 juillet 2024, les partenaires de la coalition MR-Les Engagés ont présenté la Déclaration de politique régionale (DPR). À la lecture du document, on constate que l’alimentation a disparu des priorités du nouveau Gouvernement wallon. Elle ne se retrouve plus au menu des 22 chapitres de la DPR. Contrairement à la précédente DPR 2019-2024, qui comportait un chapitre intitulé « Agriculture et Alimentation », la nouvelle DPR 2024-2029 ne comporte plus qu’un chapitre « Agriculture ».

Le chapitre sur l’agriculture mentionne toutefois que l’agriculture et l’alimentation sont étroitement liées. Le Gouvernement entend donc porter « une seule et même politique agricole et alimentaire comme socle de l’économie rurale, de la santé et de notre souveraineté alimentaire ». Mais les mesures présentées dans le chapitre sont essentiellement orientées vers le secteur agricole et on ne voit pas quelles sont les priorités en matière d’alimentation.

Les six sections du chapitre agriculture concernent : 1) la rentabilité de l’agriculture et le revenu des agriculteurs ; 2) l’agriculture et la santé ; 3) l’accès au foncier agricole (pour les jeunes) ; 4) le soutien aux filières locales, aux circuits courts et à l’agriculture bio ; 5) la formation et la recherche agricole ; et 6) l’agriculture en lien avec la transition et la biodiversité. Il s’agit effectivement de priorités importantes pour le secteur agricole. Mais il ne s’agit clairement pas de mesures en matière d’alimentation.

Une politique alimentaire digne de ce nom doit comprendre des mesures sur l’ensemble de la chaîne alimentaire « de la fourche à la fourchette » et pas seulement des actions visant la production agricole. Une telle politique devrait à tout le moins comprendre des priorités : sur la lutte contre la pauvreté alimentaire ; sur la lutte contre la malbouffe et l’obésité ; sur la transformation et la distribution de l’alimentation ; ou encore sur le gaspillage alimentaire. C’est en adoptant une vision globale des systèmes alimentaires et en développant un ensemble de mesures équilibrées sur l’ensemble des différents maillons de la chaîne alimentaire qu’on peut justifier d’une politique agricole et alimentaire intégrée.